« En vérité, c’est une bénédiction, non un blasphème lorsque j’enseigne ; « au-dessus de toutes choses se tient le ciel Hasard, le ciel Innocence, le ciel Accident, le ciel Exubérance. » « Par accident » – Telle est la plus vieille noblesse du monde ; à toutes choses l’ai restituée, les libérant de l’asservissement au but.
Cette liberté, cette céleste sérénité, je l’ai placée, telle une cloche d’azur, au dessus de toutes choses, en enseignant que ni au dessus d’elles, ni par elles aucun « éternel vouloir » – ne veut.
Au lieu de ce vouloir, j’ai mis et cette exubérance et cette bouffonnerie quand j’enseignais : « en toutes choses une seule est impossible – la rationalité ! »
Un peu de raison sans doute, un grain de sagesse d’étoile, en étoile dispersée, – de ce levain est toute chose mélangée ; pour la bouffonnerie quelque sagesse est à toute chose mélangée. »
Friedrich Nietzsche, « Avant que se lève le Soleil » in « Ainsi parlait Zarathoustra : un livre qui est pour tous et qui n’est pour personne », [1883-85], p.207, Traduit de l’allemand par Maurice de Gandillac, Gallimard, 1971.
Clavis Artis by “Zoroaster”
Manuscript was published in Germany, sometime between the late seventeenth and early eighteenth centuries, although its title page claims it is thirteenth century (and written on dragon skin)
La peur est aux aguets, elle remonte derrière la vitre du Télé-viseur,
la grille noire – luminescence – dans la bouche ouverte des codeurs de conduites, leurs armes aux signaux rouges et noirs, trônent en exergue, par des masses de signes, et dans ce réseau immense d’abstracts désincarnés, apparaissent des fuites, des linéaments, des traces invisibles, des tentatives, sous des pointages précis et débiles, ouverts sur un extérieur vivant, immense, si neuf et autre,
et la rigidité de leurs raisons est une cité d’horreurs, elle replie tout le courage …
Et tous ces vieux pères boulonnés, cerclés du fer rouge et des larmes,
qui font aux pensées des enfants, des ahurissantes prisons, aux barreaux liquides, et saignants, ceux-là qui par la tristesse imposent des directions, des blessures à l’agir spontané,
ceux-ci qui poussent des cris et agitent leurs craintes, ensembles …
Ah mon ami, du ventre de ce dragon imaginaire a surgit les danses coalescences, dans les flammes crachées par le dragon, surgissaient la naissance et la joie. Ami du souffle de ma vie, qui n’a rien fait contre la vie, qui seule décide.
La honte est aux menus de ces hommes, elle sert toujours les intérêts des supérieurs, ses modalités d’action sont le repli, la lâcheté et la gêne immense, or, rien ne ne nous fait honte ici, car tout est futurs possibles, désirables et dangereux, précipices de la pensée, croyances étroites détruites, expériences muettes et sans objets, libertés de soi qui partout seront réduites, niées ou mutilées,
et dans cet avenir du contrôle omniprésent, nous rêvons alternatives et créations libres, formes du souci des autres et de soi, possibles transformations de soi, par l’imaginaire de l’action politique, artistique et sociale …
Tu as ouvert l’ancien tableau des mondes en le découpant par milles feux,
par l’arme du rire sonore, vibration de la folie, comme Harpo, ce fascinant faux-muet, découpe l’habit des bien pensants, des ciels lourds et bien portants, propre et droits,
pour s’en faire sur son visage dément, dans ses gestes fous, le désordre créateur, des restes de mondes détruits, transformés, toujours renaissants,
ses yeux qui roulent comme des billes-diamants, l’élastique de son sourire divin, et son corps s’articule toujours dans l’ailleurs et la joie …
La colère tient le haut du pavé, elle resplendit grande, inouïe, plus forte,
comme un feu glacial vivant de rues en rues ; lumières dans la ville des morts, la colère saine, vive, étonnante, des corps aimants, des esprits résistants,
avec leur signes à profusions, leurs libertés également possibles,
et qui viendront casser les replis des âmes-prisons, les ressentis d’un autre temps, la colère comme émotion primitive, libérant l’affect idoine de toute démocratie, et les drames de l’amour sont nombreux, chacun sent venir la pression d’un autre futur,
la colère comme énergie folle et vibration d’un temps futur, désiré,
et j’aperçois ailleurs les signes d’ici, et maintenant, les rêves éphémères,
Quand j’entrevois les spectres d’une émotion sans figures, la mort ultime qui retrace, avec l’exactitude des visages programmés, vides et neutres, les événements diffus, des foules de corps inexpressifs, des grands réquisitoires du contrôle,
qui pénètrent en allant si loin, dans l’esprit et l’émotion nouvelle du monde,
– je sens la tristesse,
je vois la folie,
je crois la douleur –
de cet autre libre à moi infiniment lointain, libre, sensible et tout proche …
Et l’étrange et terrible affect du ressenti, la manière subtile de se taire, sans voix et idiots, est le style d’exécution de tous ces ordres des psychés intimes, des rêves annulés. Il n y’ a rien ici, maintenant au delà du présent massif qui envahit tout,
le présent de la douleur et de la fuite, le présent d’une absence d’ailleurs,
et l’âme prison qui aveugle te voit avec l’œil-cyclope, total, elle règle tous les cas futurs … Elle doit fournir au travail de la négation du vivre des instruments conformes, des corps au travail adaptés et sans restes, des lignes de compacts en séries,
et ceux là si adroits et habiles, sont capables de calculer toutes leurs options futures, et leurs langues affaiblies, inspirent déjà de funestes programmes,
car il n’ y a rien ici que sa minable provision de crédit anticipée, de son plaisir garanti, le gain, l’intérêt, la maximale obéissance, l’orgueil de la santé, la norme et l’exclu.e, le maniement des armes des énervés, des grands inquiets pour leurs arrières-mondes, en avoir pour leurs argents, leurs identités, comme seuls systèmes de valeurs,
leurs impudences terrifiantes, leurs verbes affreux, terminaisons nerveuses et crasses,
et les pleurs et les espoirs des autres à venir seront si grands,
et comme ils parlent toujours pareils, en chuchotant, complotant, similaires, ou égaux, c’est d’abord l’argent, ce métaphysique secret qui secrète la haine
et l’esprit de connivence qui comptent et décident de tout futur, et cette forme d’esprit est très violente ; elle réduit tout aux principes du commun sans valeurs, survivre contre, ou avec les autres, rencontrés, combattus ou aimés, survivre en pariant sur la défaite des autres, leurs échecs prouvés, mathématiques noires et sans appels, chacun pour soi est le modèle de leur survie pour accumuler des forces .. Il est question de toujours vivre soi pleinement contre les autres, en s’accommodant malgré soi de tous ces autres qui nous dérangent.
MP – 21062024