« Devil must have seen me pray
See temptation every way
My hands of steel, my shots of smoke
I pin my targets to my hopesPick me up
Pin me down
Beg enough
Shoot me down
Pick me up
Wreck me down
Beg enough
Shoot me downCut you in, I cut you out
Turn your safety inside out
Try and keep up
I drag you down
I kneel your body to the crown »Cabaret Voltaire, « The Web » in « The Covenant, The Sword and The Arm of the Lord », Some Bizzare Records, November 1985.
Cabaret Voltaire. Live in Élysée Montmartre, Paris, 05 juin 2026.
Les nuits électriques sont multicolores, sombres, multi-fashion,
il fait chaud et bon, dans les circuits des morts éveillés,
leurs bouches racontent les récits figés sur les publicités,
les sons du vertige choquent sur les platines rouges, bleues et vertes,
et les serpents métalliques qui roulent sur leurs rails,
roulent tous les jours, toutes les nuits que la cité capitale fait …
Des nuits proviennent les bêtes non conformes, les nombreux raté.es sociaux,
les dilettantes géniaux qui broient le spectre de toutes les lumières,
dans des vortex glaciaux cherchant de grandes réserves de mots-signes,
on y vient chasser les prédateurs, les fantômes, les monstres éveilleurs et tout le travail mobilisé, le jour à la mine respectable et coincée entre les murs des ordinateurs, les froides visions machines, la pression du silence,
le regard cyclope qui observe, sérialise et tue ; la voix typique de son maître,
qui aliène la sécurité propre et exploite les connaissances,
on y vient travailler pour se nourrir, survivre et se protéger,
mais la nuit immense grandit dans les corps nus, bien vivants,
les yeux des femmes sont fardés, leurs lèvres charnues,
de lumières mauves et vertes, brûlent, intensément,
leurs visages informent des messages liminaux,
et l’ouverture au delà du travail et des circuits conditionneurs,
permet la libre improvisation ; la néguentropie, l’incroyable liberté,
l’archipel de soins, après la guerre des conformités,
et tous les corps animaux se promènent aléatoires,
l’ombre intense qui grandit est une ombre transportée,
la couleur sombre abrite la vie et protège le créé et l’incréé,
on vient se prendre et se défaire des peaux normées du travail,
toucher, lécher, caresser, projeter nos rêves ; embrasser tout le monde qui va,
et les séquences flash des mémoires travaillées,
bien que présentes encore, comme verrous de chaque geste,
vont être détruites une à une, sérieusement et méthodiquement …
Le Web réseau devient l’animal sauvage, numérique jeté là, la musique nôtre,
et le noir et le blanc accueillent les couleurs vivantes.
Et la nuit immense – merci dieu du vacarme ! – va durer des siècles, Amen ; voici les artisans du vrai prodige ; Alan Vega, Suicide, Front 242 ou bien Assemblage 23 et d’autres créateurs de changements ; sont les maîtres en ta demeure et toutes les femmes libres projettent, illuminent et nous entraînent ; Lucia Cifarelli, Churches, Jeanne Added, Kirlian Camera … Des imaginaires trans-électroniques, sociaux et libres, ainsi transposés, surviennent les magma de forces intimes, le vecteur des souffrances du travail industriel, la forme-machine rare, émancipée et travaillée de l’intérieur pour montrer les rythmes constants de l’oppression …
Il faut bien penser à leurs voix codées dans le spectre gestuel ; la morphosynthèse, les filets réseaux qui enserrent les sens de la voix et capturent l’expression des corps, l’art d’une vague descente militaire ; les vêtements de la cité qui brûlent et se décollent, puis disparaissent derrière les synthèses de flux, de transe et de formes, penser au sujet qui replie ses genoux et devient l’œuf du monstre ; l’Ego fixé sur un tapis roulant, mécanique, sériel, des hommes conditionneurs, l’activité maintenant saisie est remplie de traces, de preuves, de mathématisa,
il s’agit d’assigner les nombreux corps aux identités, aux suites ou aux précises compétences …
Ah présente toi, impeccable service, projection du seul et du même, de l’oubli de soi,
dans les têtes de pioches, les mains gantées sont devenues des cartes à jouer et joue à l’intérieur de la forme spectrale, figures du rien et de l’abdication et tout sera complexe, difficile, poli ou branché sur les silhouettes rigides, provoquées et mouvantes dans les câbles réseaux et la cité économique au loin résonne derrière tous les murs-écrans, le tourbillon vers les vides de l’oubli et du renouveau, l’urbanité et le vortex …
Et j’aime la nuit immense qui progresse infiniment dans ton cœur et ton âme, mon ami.e ; la musique industrielle ; ce grand instrument critique, abrasif, ordinal, automatique ; cette contre-force planante et les patchworks liquides ; l’horizon du nouveau et le foisonnement, les collages, les ambiances et les bruits et tout l’audio-spectre visuel, onirique qui a imprimé les musiques de ces mondes. Faire l’expérience de notre monde-planète ; devenir l’autre sensible dans une forme étrangère.
MP – 07062026
