« Avec mes yeux de tous
Je m’arrête sur image
En fonction du nuage
Et je passe où ça casseAvec mes yeux de tous
ARN et messages
Je prie la bête sauvage
Et je pars à la chasseAvec mes yeux de tous
Bombardés sur la bande
Des âmes qui se rendent
Des enfants, non peut-être ?Au fond de mes iris
Des écrans de silicе
Des silhouettes milicеs
Je me crois le vent qui passeDes choses qui tombent du ciel
Ça ne te regarde pas
Des choses qui tombent du ciel
Que j’avais oubliéesÇa ne te regarde pas
Ça ne te regarde pas »The Young Gods, « Mes yeux de tous » », Track 8 in « Appear Disappear », Two Gentleman Records, 2025. [Franz Treichler ; Voice & Guitar – Bernard Trontin ; Drums – Cesare Pizzi ; Sampler & Keyboard]
Giuseppe Pietero Bagetti, The Walnut Tree in Benevento (the Witches’ Sabbath), ca. 1816
Au centre de la terre rouge, se tient l’habilleur de runes,
les pierres posées à plat sur les roches sous le soleil intense,
le foyer d’où jaillissent les variables du thématisa,
derrière eux, sont fixées des séries de dalles liées aux néons,
qui clignotent en synchronie et mouvements vifs et heurtés,
la voix qui voyage par les échos d’un temps magique,
chaque cercle de sons, remplit et vidés, respirant par lui même,
une nuée d’instruments qui percutent les plans vitaux et redressent,
en sculptant le spectre physique, symbolique, les prières …
Ah voir le spectre du danseur, danser seul, au milieu du rien,
là où avant rien n’était encore posé, ni dit, ni informé, ni su …
la danse des silhouettes fragiles et des gestuels de feu,
qui brave les noirs interdits de nos théâtres sociaux-intérieurs,
c’est un endroit et un temps préservés du blanc de leur mémoire inerte, du monochrome affreux dont l’étendue enveloppe tout, des faux signes, que débitent aux kilomètres les automates, et il y fait chaud, et bon, on s’y conforte, on y pleure souvent,
d’une force d’émotions et de palettes sensorielles, vivantes.
Et cet amour sien – dieu – qui remonte depuis ce foyer lumières,
jeune dieu mu par un « Telos », une fin d’aventures,
est l’amour des peaux sensibles, des électricités bleues …
Au centre du foyer souffle l’habile neuro-danseur,
le traceur de mondes, qui indique les routes à prendre, au cœur des tempêtes, et ses bras fermes, tiennent des cordes de métal, des larmes de feu, qui découpent les créatures sonores, dans la forme surgissant, silencieuse .. Et ce battement d’un cœur cosmos, vrille l’intérieur de nos veines, il faut le suivre pour respirer mieux enfin, pour avaler l’air des étoiles …
Ah faire ce voyage inespéré, franchir l’obvie au delà du démon-frappeur, quand la clarté de l’évidence apparaît à contre jour,
les corps des sons sculptés par des humaines machines …
L’homme synthétique à droite ressemble à une poupée,
sa tête brinquebale sur son clavier dans une lumière merveilleuse,
et les larmes de tout ce cristal sensible, tombent du ciel, une par une,
nos visages meurtris par le trauma et la guerre, sont redevenus des zones de passage du temps et de l’espace sien ; jeune dieu du silence et de la musique nôtre, mon amour …
Il faudrait demeurer là – toujours – dans leur opéra de 4 sous,
les voir se frotter aux mondes du silence, au néant de toutes choses,
revoir surgir les flammes des braises anciennes et dispersées,
les vents contraires soufflent au milieu de leur foyer,
par les vents des rivages lointains, ils inspirent de l’action et de l’attention, et les esprits divins qui sautent et virevoltent au milieu des scènes, recueillent les larmes de vie tombées du ciel, pour y faire des boissons étranges, fluorescentes et colorées .. Et combien de temps peut donc durer cet opéra – merveille ?
Franchir le seuil à l’extérieur du foyer quand la fin arrive,
la mémoire encore sienne, prise dans leur forme alerte,
les jambes fourbues et la démarche chancelante ..
Et ressentir l’étoile figée au milieu de l’esprit,
ses infinis rayons dardant l’intérieur de nos corps,
réchauffant ce foyer, que nous emportons dans la nuit froide ;
donnez les esprits, donnez les esprits ; étrangers, ami.es, ensemble, …
Faites le tour par la lune et sentez provenir les futurs,
aux rythmes constants de la vie et de la révolution.
MP – 22112025
