Audio-sculpture

« Il pourra s’agir tout autant d’outils de suivi des corps ou des gestes instrumentaux, que d’outils de transformation ou de contrôle de masses ou lignes sonores, d’outils d’interaction entre vidéo et musique, d’outils d’écriture ou de mémorisation, de son 3D (ou binaural), de reconstitution informatique d’anciens appareils électroniques devenus obsolètes, et ce toujours au service de concepts et de syntaxes musicales en constant devenir et questionnement.»

Art Zoyd Studios : nos missions recherche : explorez les nouveaux outils. Art Zoyd Studios – Centre de Création Musicale – https://artzoydstudios.com/

Michalina Janoszanka, Zima (Winter), ca. 1920s

La note sur la ligne suspendue, touche,
des creux de couleurs et de surfaces,
le vide progresse dans l’espace mental,
la mer de toutes choses se retire plus loin,
et disparaît derrière l’horizon et le silence,
la structure mélodique pénètre l’espace sonore,
et il suffit de fermer les yeux pour vivre le voyage,
les notes dégringolent des escaliers invisibles,
remontent depuis des chocs et des profondeurs,
et la mémoire se dresse sur la ligne tendue,
à devenir l’autre, l’étrange créature de mer,
blottie au fond des voix, minces filets liquides,
et qui tressaute comme le cœur de l’orage battant,
Tu n’es jamais seul, ici tout résonne,
et des sables minutes découlent des souvenirs,
de grandes cartes d’ombres et de lumières,
et j’aime te voir ciselée peu à peu,
sortie d’une glace opaque, d’un étouffement,
de cette blancheur vide sans aspects,
des nappes mi solides, des textures,
qu’imprime un spectre physique symbolique,
sur les voiles de minuit,

L’eau d’un pur cristal contient des perles,
des notes ramassées dans des cellules,
que tu agences à la faveur d’une idée-force,
et qui éclatent dans l’environnement sonore,
en dressant touche par touche, la creatura,
l’immense forme mouvante, creusée dans l’espace,
libère la furie des mondes, animaux et machines,
elle respire en expirant l’air et le temps,
et à son contact tout est calme et tranquillité,
son inspiration est un immense souffle de vie,
bercé par ces nuages de sons, l’amour du monde,
redevient le centre, la demande de pardon,
le geste partagé au delà de toutes frontières,
la même vision des choses qui renaissent,
à chaque morceau de nuits, joué,
réapparaissent les anges du paradoxe,
avec tout le sang des fantômes, de l’espace,
les chairs lourdes, épaisses, quasi inertes,
et le mouvement vital qui emmène tous les corps sonores,
capés d’étoiles, de comètes et d’astres rutilants,
les anges vont et viennent à contre-temps,
en faisant l’amour corps à corps,
amenant la lune vers le soleil, les flammes et la glace,
pour que toutes choses renaissent encore …

Revivre aux contacts sensibles du corps sonore,
passer les postes frontières, les gardiens du silence,
ceux-là qui demeurent des brutes épaisses,
sans musiques, sans voix, sans rêves,
à tenir l’arme de la stupéfaction,
stupeur en faction, prête à étouffer et frapper,
à rendre muettes les formes de la creatura,
revivre les contacts par les notes jouées,
réparer les passés meurtris, les futurs empêchés,
faire du présent, une modalisation, une tension dramatique,
cela comble la solitude des errants, des exils,
et toute cette panoplie douce est mienne ; sombre et or,
chaque portion d’espace a été visitée par la musique,
chaque geste à répondu à une ligne mélodique,
toutes choses se sont habillées du silence vaincu,
avec des chromas, des réflexes, des conditions ..
L’existence est plus belle et plus clémente,
avec ces sculptures en images sonores,
qui traînent dans les parcs à thèmes, légères et dansantes,
chacune étant le rêve d’un.e seul.e, homme ou femme,
toutes formant l’espérance et le soin des âmes,
chaque note percuté dans l’instant par l’éternité du son.

Et ce qui semble mécanique, collée à la surface sonore,
comme des nappes ou des vagues multicolores,
admet les creux, les percées, les microfailles,
c’est un.e autre que je rencontre au milieu de nulle part,
car les sons fabriquent les espaces médiumniques,
ils sont des ouvriers urdimensionnels, des armes pour des situations,
et le médium musical parvient à transformer,
il est creusée, aplats, limites occultées, frontières brisées,
car il est naissance d’une origine et d’une fin,
survivance au delà du monde des bêtes opaques,
des voix mutilées, des gestes jamais compris,
survivance d’un paysage bien à soi, toujours là,
libre maîtrise des paradoxes, des temps présents,
l’instant éternel, c’est le son écouté, chéri, compris,
le creusement d’une dimension d’accueil et de pertes,
la fragile et gracieuse creatura, qui déploie ses ailes,
au dessus de tous les grands complexes muets,
les planètes mondes qui tournent sans musiques,
et se figent dans des temps morts, des souffrances invisibles,
sont les planètes mortes, sans espoirs, ni durées authentiques,
les violences immédiates, la même affreuse attitude,
qui ne comprend rien, ne prends soin de personne.

MP – 29032025

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