Devenir-libre

La liberté comme un effet brut, immédiat et désirable pris dans les formes de la démocratie sociale, coopératives européennes et comme épreuves successives de transformation des soi humain, accomplissant les rêves des alter-nativités de nouvelles forces psychologiques, institutionnelles et politiques, le devenir libre des expériences d’un pour soi humain, correspondent entièrement aux procès de l’expérimentation formelle et à l’intégration du nouveau dans l’ancien et de l’ancien dans le nouveau – les modalités culturelles du pour soi – dans l’histoire sociale et symbolique des sociétés humaines. Identifier la relation vague, ténue, non immédiate, du mouvement formel d’une vie sociétale présente, avec les conditions d’accomplissement réelles de cette vie dans le temps historique, peut nous prévenir de la complexité d’ajuster une forme sociale symbolique à plusieurs contextes complémentaires de réalisation de la vie ordinaire. L’expérimentation formelle de ce qui vaut comme vie ajustée aux contraintes réelles de la vie ordinaire, qui emmène la conscientisation globale de la transformation climatique et énergétique, permet d’évaluer le degré d’efficience de la liberté du pour soi humain, au sens d’une même attention sensible aux conditions de préservation et de perpétuation de la vie.

Une logique pragmatiste est à l’œuvre dans l’histoire des sociétés humaines au milieu du XXI siècle suivant la maxime pragmatiste de 1879 établit par le grand philosophe, sémioticien et logicien, fondateur du mouvement, l’américain C.S. Peirce ; « Considérer les effets pratiques que nous pensons pouvoir être produits par l’objet de notre conception. La conception de tous ces effets est la conception complète de l’objet. » « Il n’y a de nuance de signification assez fine pour ne pouvoir produire une différence dans la pratique. » in « Comment rendre nos idées claires. », in Revue Philosophique, VII, janvier 1879. Promouvoir les différences internes de formes, agir par les transformations complexes du cadre de référence hérité du capitalisme techno-cognitif, numérique et industriel, cela relève dans une généalogie de l’économie formelle, décisionnelle du capitalisme, de l’installation progressive de normes sociales, nouvelles et héritées – en tant que des normes sont capables de faire bouger les ajustements situés, par l’exposition culturelle d’une interaction [milieux vitaux / forme sociale-symbolique] et une intercompréhension réalisée dans un nouvel arrière-plan (une température à 50°C aux pires moments, une dévastation par les guerres des milieux naturels (pétrole, gaz, charbon ; une cupidité, un égoïsme et une violence intrinsèque à l’hyper-capitalisme de prédation …)

Ainsi posé le principe de vérification de nos actions, l’agir social créatif comprend les possibilités de reconfigurer les expériences de contacts avec la réalité sous la considération pratique des effets de croyances en tant que la complétion d’une croyance comme habitude d’actions réglée implique le test des hypothèses abductives et la validité de l’ajustement d’une organisation humaine et de ses milieux sociaux-vivants à un futur anticipé et un passé compris et intégré. L’abduction étant pour Peirce une méthode de raisonnement logique qui pose une hypothèse ou une idée générale, envisage son développement par déduction et laisse l’induction effectuer ses tests ou ses mises à l’épreuve. Cette méthode logique dite de transformation sociale des croyances-habitudes est adaptée aux réflexions des risques des événements scientifiques et climatiques comme anticipations réglées du contact (organisationnel, psychologique, politique, économique, social) d’une forme sociale symbolique avec son milieu vital. En ce sens, la capacité de transformation forte d’une hypothèse dans le pragmatisme philosophique est une possibilité de transformation formelle qui fait du présent comme locus de contrôle de la réalité, un opérateur de transformation sociale par interactivités temporelles intégrées au futur de la forme de vie humaine. Les chocs du futur sont des chocs de libération formelle autant que la compréhension des conditions matérielles de vie à l’aune du sens de la transformation du devenir humain (toutes hypothèses d’adaptation testées et contrôlées), assurée par des milliers d’études scientifiques fait émerger une logique d’inter-actions collectives qui prend – enfin – en compte des ensembles complexes de stratégies d’ajustement d’une forme à son milieu vital.

Nous savons que des événements dramatiques se produisent (guerres d’accaparement de ressources, inondations, sécheresses, canicules, perte de biodiversités, extinction d’espèces ..) nous sommes conscients des directions que des études scientifiques par milliers établissent dans les faits sociaux-historiques de nos sociétés humaines et dans la diversité du vivant et par conséquent, nous – communauté humaine – humanité livrée et liée face à ses destins nécessaires et possibles – travaillons au procès de transformation formelle des normativités des conduites collectives qui, émergentes des constats scientifiques multiples, imposent des directions aux projets politiques de transformation de nos économies et de nos sociétés, devenues extrêmement inquiètes, désespérées et vulnérables. Dans ce mouvement de conscientisation ou de compréhension globale humaine, l’import de processus de communication allant dans le sens du constat scientifique historique du dérèglement climatique et de l’anthropocène – l’impact de l’homme autonome et industrieux sur ses milieux de vie – va apparaître comme déterminant des capacités d’auto-transformation des forces sociales, culturelles et psychiques des sociétés humaines devenues si fragiles ou vulnérables. Tout le monde doit et peut travailler dans les même sens car ces sens là – de la transformation sociale, culturelle et naturelle de la société humaine – deviennent le seul sens de l’action humaine devenue possible et nécessaire, la nécessité du constat scientifique s’imposant comme une mesure de la justesse des stratégies d’atténuation et d’adaptation du changement climatique.

Ces chocs répétés – ces alertes continues par les catastrophes et les désastres provoqués par les activités humaines irresponsables – ressemblent à des « warnings » rouges sanglants, qui s’allumeraient au passage des diktats et des tyrans qui comptent emmener l’humanité vers une catastrophe globale et locale, complexe, anarchique et multidimensionnelle ; « Drill, Baby, Drill » annonce l’un, « une opération spéciale » annonce l’autre, « le terrorisme intérieur » et « le redressement culturel » annoncent les autres ; la destruction des sociétés ouvertes – libérales – est leur logique interne de consolidation du contrôle psychologique ; par les guerres oligarchiques menées en périphéries des Empires (Russes, Chinois, Américains …) Obtenir un bloc de jugements homogènes, financer la guerre par les propagandes médiatiques, laver le cerveau des enfants russes, européens et ukrainiens (Poutine et ses éducations par l’idéologie, la cyberguerre et la réécriture de l’histoire), éliminer les dissidences (Poutine et Xi Jin Ping), alimenter les machines de guerres en hommes – chairs à drones remplaçables, en informations tactiques, en productions industrielles d’armes et d’ordinateurs, en cultures de la haine et du virilisme … Il y a là comme une dramatique irresponsabilité, centrale, éthiquement et socialement décisive, qui va devenir l’effet repoussoir massif des tyrans pour les populations et les individus. Nous passons de la servitude des masses aux tyrans et à leur construction politique impériale totalement irrationnelle, une construction dangereuse devenue une contre-forme du monde possible, laide, destructrice et obscure, aux formes de vie nouvelles que vont prendre et impliquer nécessairement les futurs de la vie humaine sur Terre.

Fragments d’un monde détruit – 201

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