« Nous savons que la persuasion subliminale provoque des réactions plus fortes que la raison elle-même, car elle opère dans le centre émotionnel qui se déplace dans un système plus fort. Ce que nous devons également savoir c’est que nous allons nourrir ce centre mystérieux. A quel point notre système émotionnel est corrompu n’a pas d’importance car toujours dans tous les êtres, il y a un noyau qui reconnaît ce qui est vrai et ce qui est faux. »
Leonora Carrington, « Animal humain femelle / Female Human Animal » [1970] lié au tableau « Le Jardin de Paracelse / The Garden of Paracelsus » [1957] in « Léonora Carrington : Paroles d’Artiste », p.36, Fage éditions, 2024.
« Spectra of various light sources, solar, stellar, metallic, gaseous, electric », print by René Henri Digeon; plate IV in Les phénomènes de la physique (1868)
« Dans les sociétés de contrôle à haute intensité, il n’y a pas de place pour les demi-mesures, les lâchetés collectives, les échecs, les retours hasardeux en arrière, tout ce qui est fait est fait pour la santé d’un corps et l’écologie d’un esprit bien adaptés et forts. »
Regarder l’intérieur des forces, sur les écran audio-visuels, ne pas voir, le défilement des mondes imaginaires, audio-sculptés par les Tyrans,
des nuées d’images cyber-actives, en forums, spatiaux, numériques et dynamiques,
et ne pas voir c’est simplement réinvestir les grandes structures de froids, là où l’air circule par des gaines métalliques, là l’air conditionne les survies,
les structures posées au milieu des enfers de feux et de poussières,
oublier le monde tel qu’il était avant, et promouvoir les sélections sociales,
les exécuteurs de lumières, ont donnés des ordres, ont fomentés des valeurs, pour que survivent les masses d’élu.es, il fait froid aux refuges et il y fait bon vivre …
Seules les élites peuvent survivre, ici, maintenant, dans des zones tempérées, l’importance de nos vies provient – « On » le sait toujours – des murs d’indifférences,
les murs sociaux, géographiques, numériques, psychologiques ou politiques, leurs présences est rassurantes, par le retrait dans la zone vitale, sécurisée,
nous vivrons et échapperons à la boule de feu qui fixe et tue ;
le centre de la mort au milieu des déserts et des forêts de cendres,
les murs découpent le dedans et le dehors, la vie possible et la destruction certaine,
les murs sont nos amis, ils nous rassurent et protègent les frontières …
On entend plus rien venu du dehors, au delà des rêves des machines,
Et cette scission à l’intérieur de chaque être est devenue la norme,
elle résulte du processus d’indifférenciation complexe, total, insidieux ;
« Tout ce qui existe n’est pas ce qui existe pour moi » …
Et « Je » ne vis que par les conditions d’existences prévues par les maîtres, dans ce filtre ultime égotique, stationnent des souvenirs refabriqués,
le récit de la victoire sur le soleil, l’exclusion des âmes dégénérées,
l’élimination des malades, des dissidences, des folles et des fous,
tout ceux là du dehors ont été supprimés, notre contrôle est parfait,
les corps capitalisent de l’expérience dans la zone vitale,
ils sont branchés aux outils de surveillance ; santés mesurées et diagnostics,
leurs hygiènes doivent être parfaites, « On » ne tolère plus les maladies, la police sanitaire fait son travail avec sérieux et grande rigueur,
le lointain a été effacé des mémoires sociales, des langages du pouvoir … Vivre parmi nous, devenir indifférent, rentrer en soi-même dans son Égotique terrier,
et tout est prévu pour la santé de l’âme ; le langage est fabriqué, surveillé, commis aux services des maîtres, seule compte l’identification des bonnes conduites, des frères et sœurs, élu.es.
Et chaque mot est épié dans la bouche de celui ou de celle qui parle,
on entend plus de sons discordants, aucun écart de qualité,
la forme d’esprit recommandée est la forme normée, écologique ou standard, elle doit « performer » les systèmes bio-symboliques du pouvoir,
devenir la voix de son maître, persuader les récalcitrantes ..
Dehors, il n’y a plus rien, le récit officiel raconte l’absence de choix,
la contrainte naturelle, la nécessité psychologique et politique des lois de nature,
il n’y a que le soleil meurtrier et le meurtre du soleil ; ce double mouvement,
Bâtir les refuges à été un chantier de titans, il a fallu exploiter et tuer …
Avant les seuils à 50°C subsistaient quelques fragiles et indescriptibles espoirs,
d’organiser la vie autrement, hors de la direction totale unifiée par les Tyrans, on avait rêvé des dispersions libres et des zones autonomes,
des énergies maîtrisées, des coopérations sociales complexes
dans les premières bio-sphères coopératives,
les diminutions des empreintes carbones, le respect de la diversité du vivant,
des programmes de décisions complexes avaient été menés,
les sphères écologiques construites au milieu des vagues de migration, les réfugiés climatiques, la limitation démographique,
on avait projeté le rêve d’une Terre survivante, au delà du présent,
par les sciences du climat, l’éthique sociale-environnementale et les sciences de l’action, les guerres de ressources, la cupidité par l’argent, le repli sur soi,
et les violences psycho-sexuelles ont été terrifiantes,
dans les perspectives des maîtres, seule l’élite a le droit de jouissance et de survie.
Les faibles, les ratés et les malades – organismes inutiles – sont naturellement supprimés,
il faut décider du niveau du mur d’indifférence, sa morale et ses normes et cette opération philosophique complexe ; provoquer l’indifférence de masse, les joies diffuses de l’indifférence, dans la psyché conforme du pouvoir,
remonte à loin, aux organisations du travail, aux styles d’appréhension de ressources ;
extraire, capitaliser comme un savoir de la collecte et du néant …
Toutes ressources ainsi exploitées jusqu’à la nausée des temps et des corps blessés.
Comment faire vivre des populations et des êtres vivants sous 50°C …
A quoi bon lutter contre les pulsions sexuelles et les pulsions de mort … Les territoires négatifs ont été inventés, les Médias officiels les ont construits,
ce sont des zones opaques, refusées dans les mémoires de masse,
leurs actualités sont délirantes, elles ne répondent plus à rien de vraisemblable,
ces territoires sont commodes, rien ne s’y exerce ou ne se promet ; ni les droits humains, ni les capacités de survie future, ni l’économie de subsistance .. Le soleil meurtri la peau, enserre les corps d’une chape de plomb douloureuse,
il est partout présent comme un astre de vie et de mort.
MP – 23052026
