Si la perception des choses physiques est toujours affectée par la futurition de l’acte (Mead 1938 – « Philosophy of the Act »), le type d’intercompréhensions toute pragmatique des événements historiques que traversent la forme de vie capitaliste – encore symboliquement dominante, il y a 25 ans – en évaluant les séries de conséquences anticipées et dramatiques de la dynamique structurelle de l’hyper-capitalisme de prédation rend enfin possible en 2030-2050, la constitution d’une bio-connaissance, d’une politique de la forme-démocratie et la construction des premières bio-sphères coopératives alignées à l’état physique et symbolique réel de la planète Terre. Passées sur l’effondrement caractéristique des zones de pensées techno fascistes et ultra-conservatrices sous le double impact (1) interne de l’épuisement du moteur capitaliste (raréfaction des ressources, besoins enfin réfléchis et limités, modes de vie et de travail réexaminés, conditions de résistances de la vie et des conventions humaines …) et (2) externe de l’installation progressive et massive d’une normativité ordinaire de la survie, de la catastrophe et du soin aux êtres vivants et aux milieux de vie, les modalités du vivre humain s’en trouve globalement transformées. Ainsi, il est devenu presque impossible d’adopter un régime de discours fermé, exclusif et autoritaire qui va prétendre que le nécro-capitalisme par ses dévastations de la biodiversité et des milieux de vies naturels peut se trouver justifiée par la croyance aux progrès technologique, à la satisfaction de besoins étendus, la richesse matérielle et la protection de l’unité famille comme socle d’adhérence de veilles valeurs traditionalistes (la figure de l’autorité du père, l’assujettissement de la femme à la fonction reproductrice, la hiérarchie des « races » blanches et des classes d’élites, le respect violent d’un ordre naturel hérité de Dieu et l’exclusion massive de tous ses déviants contre-nature …)
Cette mécanique de l’effondrement d’un nécro-capitalisme si elle est puissante, n’en demeure pas moins freinée par le fanatisme des derniers survivants d’une forme pensée néo-libérale héritée du capitalisme industriel, coloniale, classiste, raciste, financiarisé en tant que la forme sociale symbolique héritée du vieux monde rentre en contradiction directe avec la forme présente que le monde naturel impose aux sociétés humaines. Survivre aux crises énergétiques, aux guerres d’accaparement des ressources stratégiques, à la violence systémique de la transition climatique et aux chocs de l’ambivalence entre deux lectures possibles de nos temps ; là se situe précisément au cœur de la machinerie capitale et des dynamiques de contrôles de ressources et de marchés impériales (États-Unis, Russie, Chine, Inde, Arabie Saoudite, Japon ….), la question philosophique de la survie des masses, de l’esprit humain et des sociétés humaines. Problématiser cette question de la survie des vivants, c’est alors bien rendre compte de la dynamique de reproduction des imaginaires sociaux symboliques qui vont progressivement instituer une forme pensée pragmatiste, démocratique et socialiste, favorable à la transformation immanente des sociétés encore (in)humaines, littéralement prise et secouée à l’intérieur des transformations écologiques de la Terre. La conscientisation globale de cette nécessité naturelle de la transformation des soi et des esprits humains, est faite par des milliards d’impulsions artistiques, scientifiques, sociales symboliques, – hors des représentations officielles de l’Empire – qui sont transformées dans les réseaux d’inter-actes symboliques et culturels, physiques ou numériques.
L’inter-acte comme unité opérative de changement formel des épreuves de la vie humaine, fait se contacter sensiblement les mondes symboliques hérités et vécus, en ouvrant la perspective de transformation pragmatiste des soi humains (« Je » créateur de formes, « Tu » de l’alternative ou de la différence sensible, « Il » de la narration historique de soi-même et de son monde et des autres vivants, « Nous » de la raison critique et de la normativité …) vers une nouvelle ère de coopération sociale, d’ironie libérale et de solidarités internes aux manières de vivre et de résoudre des problèmes imposés par des humains et aux humains. L’expérience vécue des contacts sensibles lorsqu’elle est rendue possible par l’émancipation du soi vis à vis des techniques d’emprise par le contrôle psychique et l’isolement numérique, (smartphone comme possession économique de l’Ego-drame intime, Automate de calcul, neutralisation des formes de pensées humaines, IAGR ou Intelligence Artificielle Générative de Régulation qui tentent avec le relais des technos fascistes contemporains d’imposer une norme cognitive, hygiénique et esthétique aux masses « laborans ») peut devenir un axe majeur de la différenciation progressive – de notre part d’Humanité – dans le travail même de transformation de soi, par la socialité de base de l’humain et l’atténuation des effets du changement climatique. Les monstrations directes, effrayantes des potentiels de destruction sidérants des écosystèmes naturels, sociaux symboliques, économiques des nombreuses guerres impériales en 2026 ont ce double effet (feed-back – retour sur la cause et feedforward – retour sur l’effet et anticipation) impressionnant d’une progressive pénétration d’une norme vitale, fondamentale – la préservation de soi à tout prix – et de valeurs éthiques, reliées et associées, comme le respect de la Terre, de ses héritages culturels et naturels, la considération pour la vie d’autres êtres vivants à travers sa propre vie et son engagement dans l’activé humaine et son travail et la prise de conscience massive de l’importance de la question écologique pour la survie de l’Humanité.
Dans ce bougé d’un cadre de référence historique – la transformation interne du capitalisme et sa désintégration normative progressive – nous découvrons tout un champs de potentialités pragmatiques, toute une dynamique de créativité sociale et symbolique qui emmènent enfin la Société et l’Esprit vers la simple application de programmes écologiques et socialistes, stratégiques, permettant l’avènement d’une société humaine et d’une culture écologique cosmopolite – adaptées aux contraintes massives de la protection de la vie et du climat. Ce qui est important ici est la capacité des leaders et des masses à faire basculer la question de la satisfaction égoïste des besoins – superficiels – et des fonctions sociales symboliques du nécro capital liées vers la question de l’ajustement (perte ou adhérence ou contact sensible de formes) des organisations et des milieux vivants avec cet espace-temps concret d’une politique de la satisfaction de besoins primitifs, premiers et secondaires (se nourrir, boire, se loger, se protéger du chaud ou du froid, lire, écrire, éduquer, soigner, parler, jouer, faire l’amour …) Se rendre compte finalement que son propre travail – économiquement saturée par l’hyper-capitalisme de la prédation – ne sert plus à rien, sortir des zones de conforts et de cupidité construites par cet ancien capitalisme, restaurer toute la puissance de la transformation des vies matérielles par l’éducation et le soin apportés aux femmes, aux enfants et aux hommes par les Institutions et les associations transnationales (UNESCO, UNICEF, Amnesty …), c’est déjà là l’œuvre de la solidarité immanente à l’humaine forme de vie, de pensée et de langage.
Que la forme de vie économique, sociale et symbolique de l’hyper-capitalisme ne fasse plus sens à l’aune de la transformation climatique et de la raréfaction des ressources, dans cette gestion adaptée et cruelle de la pénurie et des monopoles stratégiques (pétrole, gaz, lithium, Nickel ..), doit nécessairement décider par ses conséquences dramatiques concrètes (destruction de la biodiversité, pauvreté massive, inflation exponentielle, virtualité du monde numérique, indifférence de masse et cruauté sans égal des guerres des Empires …) dans la forme de vie humaine, d’une transformation nette des régimes sociaux de production et de rémunération du travail humain ; enfin décorrélé le revenu du travailleur comme résultat de la production et quantité de travail fournie, d’un même système de gestion financier – devenu aberrant et inadapté aux enjeux écologiques importants – sur la base du capital fixe, humain, technologique, symbolique investit d’un écosystème enfermant le salaire dans une logique de prix du marché de l’emploi et de la productivité. Décorréler, c’est à dire séparer la puissance de vie humaine, de la technique de gestion des morts, permettre de rediriger l’effort du travailleur vers des activités de transformation et de métabolisation enfin utiles à la planète Terre et à la solidarité humaine universelle. Tout cela se fera – nécessairement par la contraction interne à la plasticité sociale – des lois de nature et le destin humain – au travers du revenu universel inconditionnel sorti d’une logique de fixation des prix sur un marché d’échanges ; forces de travail, régimes de production et d’exploitation des capacités cognitives, affectives et physiques du travailleur et de la travailleuse. Les espace-temps du futur – les différents lieux de notre futur humain et la dynamique de reproduction des formes pensées d’un futur soutenable – émergent maintenant par de nombreux signes d’espérances qui résistent comme nichés, au fond des destructions impériales massives du vivant et des populations. Nous devenons – êtres vivants – nous devenons – jamais plus fixés ou êtres (in)humains pétrifiés par le capital, le contrôle social, la haine, le ressentiment ou la guerre ; nous sommes conduit maintenant – pragmatiquement – dans des logiques de transformation sociales symboliques de la forme de vie humaine que rien ne pourra empêcher.
Fragments d’un monde détruit – 200
