Les styles brutaux d’orientation de politiques publiques prouvés par l’équipe de tyrans autocrates et oligarques qui tentent d’établir un ordre de réalités parallèles à la réalité scientifique et éthique préviennent de par leurs violences manifestes et leurs absences de scrupules ou de prévention éthique, les citoyens et citoyennes de Nations encore démocratiques de la nécessité d’une désobéissance aux directions de contrôle hiérarchiques venues des ces pouvoirs autoritaires. Incarnées par des décrets signés « à la mano », unilatéralement, sans restes, ni coopérations, une sorte de degré zéro de la politique publique ; ces directions hiérarchiques logées dans les strates de décisions d’une administration fédérale dont l’organisation est percutée par le Tyran, rappellent l’intention de destruction manifeste de toutes formes de socialisation heureuse et progressiste appuyées sur des droits conquis par des luttes et mobilisée à l’intérieur de réponses organisées sous la forme d’Institutions, d’associations, d’ONG, de groupements scientifiques. La tyrannie opère monstrueusement à l’intérieur d’une sorte d’hydre décisionnelle ; l’éclatement de la décision initiale dans le bureau du décret (par exemple siphonner des pages de sites Web officiels qui contiennent des mots-clés interdits par la loi – genre, sexualité, équité, diversité, climats) faisant office de repérage avant la chasse – en applications qui désescaladent de manière sournoise et subtile – à l’intérieur des services ou des groupes sociaux, d’une ligne de forces opposées – Trumpistes / Progressistes – pouvant ensuite faire l’objet de campagne d’intimidation individuelle par la force du chantage financier ou de la possibilité du licenciement ou de la censure du citoyens ou de la citoyenne accusés de comportements inappropriés, d’attitudes déplacées ou de jugements fallacieux.
Là est la grande capacité de transformation de la perception des problèmes sociaux, économiques et environnementaux des Tyrans, celle reliée à l’élimination systématique des personnels occupant des postes stratégiques pour incarner publiquement une décision à reliefs et impacts, celle qui exprime la possibilité de fabriquer un autre monde que le monde réel ; une sorte de réalité parallèle dont les modalités de vie sont différentes des modalités ordinaires de vie. La représentation du monde des trumpistes dépend d’explications fétiches, basiques et irrationnelles, qui doivent répondre à une pensée faite de slogans et de clichés racistes, sexistes, dogmatiques, écocidaires qui conduisent l’économie politique et la politique sociale à des versants profondément déraisonnables, dangereux pour toutes et tous, ou dramatiquement égoïstes et illusoires. L’illusion de croire que sa représentation du monde est la seule correcte et opposable à toutes autres, est typique d’une sorte de solipsisme collectif pour lequel n’existe que ses propres croyances, et la super croyance d’une nécessité de croire juste et vraie ses formes de représentation et de combattre y compris par la force publique celles et ceux qui ne les partagent pas. L’incarnation du pouvoir tyrannique doit se faire à un niveau micro situationnel au sens où ce qui est surveillée est l’attitude adoptée devant un trait d’humour par exemple, ou bien l’expression d’un jugement qui doit ne pas sonner bizarrement à un moment, ou bien l’appréciation esthétique ou le goût pour des livres ou des œuvres (que les Nazis en l’heure temps brûlaient et qualifiaient d’arts dégénérés) qualifiés de « Wokes » et porteuses d’idéologies victimaires ou discriminantes par rapport au seul mérite individuel.
Ici les pires formes des sociétés de contrôle à haute intensité se font réellement ; socialisation empêchée, ruines de l’âme et des efforts de solidarités, absence à soi et non-existence dans cette mesure d’une emprise psychique globale sur ses propres citoyens supporters et sémio économie autoritaire qui doivent mesurer le poids de chaque signe, chaque mot, chaque attitude ou geste comptant pour adhésion à ou refus du programme de la psychologie politique du Tyran. Et la surveillance technique et financière des citoyens et citoyennes doit accompagner la brutalité du décret signé unilatéralement en autocrate despote, ce qui prouve, que nous sortons de la forme pensée démocratique pour atteindre les rives de l’autoritarisme et du contrôle social, médiatique, technologique et financier. Et le travail de sape ou d’effacement progressif de la forme pensée démocratique s’effectue depuis le début des années 2000 et l’attentat islamique effroyable du World Trade Center (11/09/2001) – il s’agit pour des groupes médiatiques captés par la puissance de diffusion de la Médiacratie (Fox-News, médias Bolloré pour exemples) d’ajouter des éléments de langage addictifs, des audio-visuels divertissants, des détournements soit disant humoristiques, bref de bâtir un certain récit collectif des événements qui arrivent dans notre monde, pour atteindre et couper le nerf de la pensée démocratique qui est la capacité à adopter le rôle d’un.e autre que soi, c’est à dire le développement des pratiques de tolérance et de libertés citoyennes. La fragilisation de cette capacité – qui correspond à la possibilité politique du maintien d’une relation solide entre deux visions des choses opposées – de relativiser sans occulter le problème en jeu, permet le basculement vers une forme pensée autoritaire et uniforme, bâtit autour du récit de la victimisation, de la panique morale identitaire, de l’unilatéralisme et de la force de prédation contre les faibles, les religions différentes, les déviants naturels que sont les gay, lesbiennes, bisexuels, queer, pansexuels et trans.
Il est remarquable de la vision politique basique et brutale du Tyran Trump de ne pas concevoir la possibilité de la contradiction dans ses propres termes décisionnels, ni de comprendre la nature de l’enquête délibérative citoyenne et scientifique nécessaire à l’établissement d’un réel problème à régler ensemble en bons pragmatistes vivant dans la société des êtres vivants et des machines. Le caractère dangereux du trumpisme comme populisme anti-démocratique, provient en effet de son uniformité culturelle contagieuse, sa pleine possession d’un arsenal médiatique et technologique, de plusieurs archipels de sites Web de propagandes, appuyée sur une force de frappe financière redoutable (avec Musk et certains GAFAM). Uniformité culturelle de masse ; c’est à dire en fait refus de la diversité culturelle, soutien aux pratiques de délations vis à vis d’artistes ou de professionnels de l’art qui dévient d’une ligne idéologique puisant ses forces de censures dans l’évangélisme, le capitalisme fossile de l’extractivisme et la culture du mâle alpha et du patriarcat chrétien intégriste. Chantage financier ensuite pour permettre d’appuyer et de faire passer la décision ; dans l’hydre Trumpiste qui se veut majoritaire le financier oligarque finance, soutient, appuie, défend une certaine « Weltanschauung », une représentation du monde portée par un certaine nombre de valeurs qui n’ont plus rien à voir avec la démocratie délibérative. La « Stimmung » du trumpisme – l’affectivité liée à un certain régime de discours – est également faite de la haine du raisonnement complexe comme forme de pensée appuyée sur la logique et le débat publique contradictoire, – la misologie est partout présente dans les lieux du pouvoir autoritaire car le raisonnement simple doit faciliter une décision simple, efficace, dans un monde extérieur ultra schématisé et bipolarisé (chrétiens contre arabo-musulmans / hommes gardiens de la tradition contre écoféministes destructrices).
Dans ce monde qui hésite à basculer d’une forme pensée à l’autre, dans les mirages de la puissance égoïste, trumpienne, le pouvoir autoritaire est toujours aussi micro localisé ; il appartient aux hommes et aux femmes de bonne volonté, de fermer les possibilités de son extension, de sa contagion liquide, affective, sensitive, afin d’éviter la destruction de collectifs, de croyances, de cultures, d’attachements aux choses et aux êtres vivants, par habituation aux formes dominantes de la pensée tyrannique. Le réflexe de survie et l’intuition du mal qui est fait tout contre la main qui nourrit et protège, c’est à dire le dépassement de la logique de chantage qu’impose l’oligarque – tu me soutiens, je te nourris, te finance et te protège – doivent rendre possible la vie des plus faibles car c’est bien là les dangerosités extrêmes de Donald Trump et ses acolytes, leur incompétence notoire et cette volonté féroce de séparer par une ligne de forces de propagande médiatique, un monde de pauvres, de faibles, de malades, de déviants ou un monde de sciences, de santés, d’amitiés, de recherches, de progrès et de diversité culturelle et/face ou devant un monde de puissances, de fiertés familiales, d’identités nationales, de protections économiques, de prédations sexuelles, naturelles et de jouissances très bien encadrées. Cette ligne médiatique de séparation brutale, tracée depuis le gouvernement fédéral le pire jamais imaginé, rameute et donne confiance à tous les autocrates de la Terre (Poutine, Orban, Erdogan, Netanyahou) et rend plus facile leurs maintiens au pouvoir, ceci malgré ou avec la protestation de masses de citoyens, éclairés par la raison, la défense de l’idée démocratie et l’éthique politique. De quels leviers de transformation sociale et politique peuvent se servir les masses gouvernées par les tyrans ? La conviction intérieure forte, libre et paisible d’agir conformément à un certain droit, le refus d’éliminer les sensibilités morales à certains drames humains au nom d’intérêts économiques, le respect de la vérité scientifique et historique, l’attachement aux autres – la curiosité et la prise de rôles – comme formes de pensée démocratique, sont des vecteurs de stabilité et d’explication ou de monstration de l’obscénité de l’autoritarisme ; c’est en effet par cette terreur de l’isolement dans l’irrationalité globale, la perte de contacts sensibles avec la vie ordinaire, l’immense stupéfaction devant la violence raciste et sexiste, l’exclusion économique unilatérale, l’injure publique de la décision trumpienne que se montre l’hydre néo-fasciste qui se veut majoritaire partout où elle tente de se déployer.
Fragments d’un monde détruit – 158
