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La peur des objets

Crédit Photo : Mathieu Pomart

La main aux longues et effilées baguettes,
pointées sur l’indicateur montrée, fiable,
Arrête la tension de la parole,
à chaque instant recomposé presque à blanc,
Au fond des scènes pleines d’accessoires,
de potiches, perruques grises et de faux escrocs,
Surviennent ensemble les mêmes projections,
images fiables d’une outre-tombe grise.
Toute la pierre lavée, étendue sur la surface,
et le bois du nom absorbé dans la gorge,

Il est venu tout proche le sang du contraste,
venu pénétré les veines bien ouvertes.
Des grands adultes fiers,
gonflés d’une angoisse qu’ils mettent par devers eux.
Le même incendie de noires déclinaisons,
où plus rien n’est donné sinon le temps,
qui rythme en scansions brutales,
le souffle des montres et des horloges bleues.
Comme les ciels figés en orbites creuses,
et les lentes échappées hors du chemin,

Partout s’est glissée furtive,
l’invisible droite bifurcation,
de cette trace intangible qui dirige,
la direction précise et dure du métal,
dont les matières fondues en cercle, gisent.
Toutes se sont lovées dans le ventre affamé,
de la vie qui dévore les signaux noirs.
Les grandes moissonneuses qui trient
dans les champs du sémantique vidage.
Recluses au cœur des paysages liquides,
ces machines séparent le vide du plein,

Le tonnerre abrutissant entoure les têtes des vivants,
plantées par la flèche de l’église montrée, haut,
qui n’indique rien ni début, ni faim ou mort,
presque à peine surgissant de l’espace urbain,
proviennent les troupes des alphabétiques signaux,
rangées par ordre alpha-décroissant.
La même linéarité d’infini qui s’ennuie,
dans plusieurs stocks comme des amas de cendres.
Au bord des failles de chairs et de peaux,
à la surface, le sol qui hésite et nous fait boiter.

Les on-dit marchent près des corps abrutissants,
« foncteurs » des mêmes matières,
calculables des matériaux bien concrets,
exploités par les architectes vieillards.
Tout ce qu’ils construisent sera détruit,
méticuleusement par l’humble dieu-personnage,
Qui traîne mort, ses pieds durs sur les trous d’eaux blanches,
Eaux gelées, et fumoir empêché du silence.
Le même poussoir dramatique et solide,
dont les câbles rigides assurent le manger,

A aussi le rôle d’organiser la fuite des objets,
partout dans leur espace petit d’exploitation.
Le publiquement mis à peine est-il rentré,
à l’intérieur des plaies ouvertes, longues.
Saignées d’un lent silence qui tombe,
en fluide mauve sur les coulisses des scènes.
Que l’ouverture des êtres l’absorbe,
comme un tissu opaque : l’huile noire des mots,
Ce bruit lent qui fait crier le silence,
l’amène à la dimension du blanc perforée à la fin.

Rentre au milieu des nasses, les multiplications de montres
d’aiguilles, qui pointent en coupant.
Les ostensibles références, et chiffres,
d’où sont partis les visages lisses,
sans traits, ni yeux, ni bouches aucuns,
seront bien présentes à tout endroit,
pour faire danser les articulations musclées,
et faire mouvoir l’automatique terreur,
des sculptures pleines de sons, lumières et sens.
A l’instinct joueur suspendu au cœur des couloirs,
celui qui fait des siennes, riant,

Remonter en fugitif le temps si loin,
et creuser des trous dans l’obscurité de l’espace,
d’où surgissent les ocres dimensions,
du draps du mort déplacé, douceur enveloppe.
Prise pour l’envoi du messager frêle et sensible,
à la chevelure rugueuse d’insecte,
celui qui tape sur les machines en lettres de plastique,
des puces, signaux d’enfants et des sonorités,
et bâtit les méthodiques cascades de doux présages,
les arborescences infinies des êtres.

M.P.- 08012020

La disparition

L’océan rempli de lignes d’eaux vertes
et des vagues bleues et blanches,
fuyant parmi les noires et longues sirènes
habillées d’algues, de peur et d’écumes,
a recouvert le grand spectre blanc du silence.
Diaphanes, remplis de gêne, devenus inutiles,
Des mots sans coupures, sans corps précis,
sans mêmes objets, ni astres d’attentes.

Des frondaisons aux fougères et branches fuyantes,
créatures mobiles, exactes, bruissantes, et venus sans but,
chercher avide comme une terminaison des notes,
des musiques frêles, silencieuses et vides.
La mort ici est la seule frontière de nos signes,
Paroles, mots, images et sons mêlés,
ne viennent plus ici, tenir humaine figure.

Des masses de mondes-globules de sang,
sectionnées au milieu du seul monde aimé,
ne cessent jamais de venir, de voir et de disparaître.
Dans le voile inerte du vivant,
visages, flaques et figures du corps
percés par des signes qui emportent et détruisent,
ne viennent plus déranger les corps aimants,
le bruit des lents vaisseaux de guerre
filant dans le ciel rouge-sang.

Veux-tu disparaître merveilleux ange de la fêlure,
dans les cris d’oiseaux piqués à l’intérieur du crâne ?
Le chant continu aux rythmes sourd et syncopés,
et aux mouvements inertes et sans vie,
laisse par devers toi le chant des oiseaux, la litanie des ombres.
Silhouettes à demi humaines, figures minuscules,
découpées dans un ciel d’orages et de songes.

MP – 02/01/2020

L’invisible

Au fond du basalte, visages et roses dormaient,
Un mur de pierre aux yeux gris regarde,
D’un sommeil sans coupure depuis le jour ;
Des tapisseries d’or rongées de traits mobiles,
Fuyaient par le trou des épaules.

Les morts remuent au bout du fil un silence aigu
Qu’ils font parfois à l’orée des forêts noires.
Les piliers de verre plantés à l’entrée du chemin,
Nous faisaient signe quand nous passions, légers,
Devant leurs vastes terreurs à qui rien n’est donné.

Le soleil brûle les pontons de bois sur la rivière,
Que des bateaux protègent en mimant au crépuscule
Le chant des falaises d’ombres à la chute liquide,
La rampe d’un seul coup brisée sous la ligne d’eau
Accompagne la descente des rabougris vieillards.

Se voyaient les monstres figés d’attitudes,
Dont les âmes inertes tâchaient le sol à nos pieds,
Les fleurs bleues et vertes au sentir très doux,
Cueillies dans les couloirs d’une chambre de fort,
En haut du trépas qui guette les prieurs fous.

Dans la mansarde, sont logés des costumes
Que la lumière n’aborde pas sans frémir.
Le bruit montant dans la bouche n’est personne,
Que le trou vide qui figure au milieu du visage ;
Au souffle tenu, gisant, l’invisible pénètre.

MP – 14/08/2014

Publié une première fois dans le n°66 de « Poésie / première » – Décembre 2016.

La dévoration

Au creux des bâtiments rigides, nos âmes demeurent, figées,
Affreuse, fixe, sans couleurs vivantes, cette grammaticale terreur,
a pris tout le spectre d’isolement et la fonction morte ; sortie/entrée.
Une altération froide ; machine frêle battante dans le cœur de pierre,
qui dévore toutes leurs extrémités ; mort et vie, tout proche du silence,

Il est toujours, sans question, posé le niveau fixe de l’eau boueuse,
question d’une même linéarité noire et ses liaisons de cercles d’opale.
Sanglante et sans espoir ; l’aube brûlée du monde a terni tout l’horizon,
Rien ici n’est plus jamais dit, su, écrit, comme avant,
Rien de ce qui est fait, ô symboles, n’arrive encore aux consciences.

Des anges de pluie provoquent les sombres colères,
des grands tenanciers de l’ordre et leurs funèbres protocoles.
Écriture sacrée et signaux sans vies, font des verbes glaciaux,
Ils hurlent seuls devant la mort et son habillage de spectres,
et travaillent pour détruire les otages pris sur nos batailles.

Et tout autour là, un nouveau monde si blanc-liquide approche,
Une naissance d’astres et de langues fragiles, sans comptants,
Qui vont jeter les grenouilles multiples, bavardes et croassantes,
Celles qui stationnent, droites et coupables, bien en vue,
dans la dévoration lente, silencieuse, des morts.

M.P.
13122019

Absente

Crédit Photo : Mathieu Pomart

Je t’aperçois dans la nuit au loin, ta silhouette de matières,
peaux translucides vitrifiées par le même orage,
avalées par les nuages d’une obscure force mentale,
dont les linéaments solides espèrent par devers toi.

Marche devant cette ombre grande, fébrile, transpercée,
toi qui enveloppe dans la blancheur de tes seins,
par une grande douceur, la terrible complexité.
Espère encore en nous ; légèreté, fragilité et cendres.

Il ne reste rien du passé ; à peine une solitude d’étoiles,
pour revenir doucement terminer mon sang,
que tu bois maintenant dans nos ventres ouverts,
il ne reste rien du futur ; à peine une fixe éternité.

Par nos visages et nos cheveux emmêlés,
l’horizon ne sera plus jamais muet.
Ne vivant que des gestes fébriles et fantômes,
par ce chemin, tu peux vivre enfin libre,
avec moi et nous autres qui t’aimons.

Je sais comment venir ici, près du sable et des nuages,
bercés par les feuillages doux de tes mains.
Si douces et peureuses par le passé figé,
qu’elles n’osent nous toucher.

MP – 07/01/2020

Le sommeil

Un chat blanc tâtonne près du portail,
D’une patte de craie, douce et agile,
Le soleil revêt les coupures d’écaille,
De sa caresse presque immobile,

La maison est remontée sur la dune,
Pour voir l’océan et sa demeure vaine,
Cette brise d’eau étale en ces lieux dénués de lunes,
Goutte d’un humide désert, balayé par la rose,
Coule à l’infini dans la poitrine du monde.

Les murs, ici, ne laissent pas filtrer la lumière,
Seuls s’effritent en petits fragments de nacre,
Seulement quand il fait froid, après minuit,
Et que vient jouer la toile aux filins de soie,
Une musique de seigles amers et de solitude.

Quelle est cette lente nuée, qui de toutes fins a pris le mouvement ?
Cette musaraigne aux bonds rapides, qu’étouffait la respiration du dormeur ?
Il n’y a rien au milieu des pièces fraîches,
Que l’appel qui gît au centre du visage
Dont le tranchant s’arme de patience.

MP – 12/09/2019

Neptune

Les poissons gris nagent dans les bassins de Neptune,
Dotés de nageoires longues et frêles, argentées,
Dans les masses d’eaux plus sombres que la nuit,
Avec des mâchoires plantées sur leurs gorges d’écailles,
Ils tournent sans fin, formant des cercles d’artistes morts,

Et pénètrent chaque basalte lumineux et or,
En une danse concentrique vers la fin de minuit.
Pleins sont leurs sacs d’arêtes dures comme l’ivoire,
Et le soleil est tombé dans le fond des entrailles,
Des poissons gris où s’amoncellent les vénéneux cris.

Montant sur la brise d’air viciée à l’ombre des yeux,
Qui fixent, immobiles, les chemins gorgés de feux,
Les astres rutilent à l’horizon des vases brisés,
Et le froid pénètre les frondaisons mortes,
En glaçant les os, aussi fins qu’une lame effilée.

Les rayons droits de la lune sont venus le soir,
Mettre des habits de lumière à la terre jaunissante,
Près des rochers durs où s’écrasent les regards,
Des picotements sur la peau métallique et lisse,
Les poisson gris nagent dans les bassins de Neptune.

MP – 12/03/2020

Le Signe

Le réseau d’absence de nous dans le grand livre ;
Sons, visages, pressions, clignotements,
vastes forêts d’où sont issus nos gestes.
Par les lignes longues, percées, qui alignent nos corps immobiles,
où s’entrechoquent toutes les froides attentes,
à chaque vitre-écran hurlée par l’empereur noir des Signes,
tournées vers le mal, les folies souffrantes, les frôlements.

Les machines du spectre-livre immense,
et ses signaux navigants par devant nous ;
de l’art de tout figer, par symboles noirs et fixes,
sort cette configuration folle de passés-futurs.
Le spectre-divin surgit des pages qui nous regarde,
ma compagne électrique, mon seul espace-temps.
Lente figuration du vide, du désir projeté,
des réticulaires signes et mon amour vivant.

Ma musique dense, si tu n’es pas venue pour rien,
j’irai n’importe où ailleurs hors du grand Signe-figé,
dans ce monde de bêtes, de signaux et de machines,
pour mourir enfin, vague dans un grand silence.
A chaque nouveau règne et pouvoir détruits ;
nos corps aimants, obliques et si seuls.

Nous devons marcher longtemps tous les deux,
Longer les plages noires, dans la voix muette des solitudes,
Et lover nos pas dans le creux des voûtes stellaires,
dans les constellations d’étoiles ;
La lumière unique de nos yeux aciers et sables,
pénètre nos cœurs étroits, si déchirés.

Carapaces de pierre, pantins de bois et de lierre,
et ce miroir sans double, ni sujet, ni fond,
enveloppent les divins marcheurs
surgis des horizons lents et muets.
À la vitesse de minuit, aux temps affreux, sans aiguilles,
et qui ne passent vraiment jamais.

Les minutes tiennes, fugues, avalées
et si longues ; si denses et si entières,
cognent aux carreaux de nos yeux liquides.
Venus des infinies douleurs,
nos yeux vitreux de spectres,
ceux qui abattent l’espoir ; les liseurs de nuits.

Souffrance, moi, toi et nous,
viandes mortes et sans âme, ni directions,
ll n’y a plus rien ici qui survit,
dans ce monde privé, corps, seul et affreux,
que le son, le geste et la lumière vague, si lointains,
bientôt disparus des vaisseaux-visages.

Là où les corps trépassent, sang-liquide,
ombre et flou, sans arrêt, ni terreur,
ce sang noir qui crie si longtemps
dans l’oreille coupée du vaste silence.
Rien ne dépasse les tactiques noires,
et les chevaux blancs d’écume,
des habitants du monde unique fermé,
cerné par l’horrible sceau du secret.

La navigation des vaisseaux-visages futurs
à la cadence des vastes mirages,
droite et hésitante, seule,
fixée dans l’anneau continu et infini des écrans.
Cette réticulation d’enfer qui signifie tout et rien,
ni quoi, ni qui, ni où, ni quand, ni personne.

Et l’enveloppe du livre devant nous ;
l’enveloppe de chair et de sang,
ces papiers fragiles de l’humain,
cette masse plieuse, d’automate bestial et sans but,
où descendent pour lire, nos regards,
mécaniques de l’allure, visages sans traits,
âmes des morts et démons, à l’orbite creuse.

MP – 12/02/2020

Génération X

Tremblent les milles-feuilles de voix sourdes, infinies,
au bord des paroles muettes, fragiles, si ténues.
Par les mondes rapides des lames, des mains et ciseaux,
et les sans lieux des symboles froids ; coupés, adorés,
les ralentis en saccades du seul voyeur-cyclope
montrent les vidéos-drames sorties d’un grand minuit.
Des animaux brusques, aux chevelures fières et grises,
sont penchées près du vent, tout au fond du réseau.

Il fait si froid ici, plongé dans cet amas de signes,
haïs et aimés, si nombreux à perdre le souffle, la voix et le sens,
et rien ne vient plus rassurer nos faibles mémoires,
là où les enfants des signes sont déjà morts,
dans le manteau rouge et noir, sanguinolent.

Manteaux de nos peines, et grands spectacles si vides,
Qu’un œil précis, large, programmé, inspecte,
pour des vérifications de processeur et de lentes, ténébreuses
vagues, images, sons et discussions.
De la solidité brutale des traces,
sont venues toutes les procédures d’enquête,
brigades spéciales et identités dévorantes des spectres.

Femme, ta voix est belle, si nombreuse et sans lieux,
elle glisse encore fière et sans peur dans nos corps d’enfants,
je l’entends lente, certaine, nue et cristal
déchirant le voile humide du seul programme.

Dans le craquement des sans nombres,
des bouches muettes, des corps suppliciés, et du sans vivre,
Le silence immobile venu jusqu’à nous
Et son odeur froide à l’immensité vide,
Va silence cotonneux… Prison d’horreur ou rien ne survit,
Ta course n’a pas entamé les courses des masses.

Les bouches du monstre-réseau, avaleuses d’obscurité,
celui dont le sang noir partout jeté dans les corps,
irrigue le travail sans fin d’une « x » génération.
Disparaissent aux pas du vieil homme ;
les créatures noires de l’errance, du feu et de l’amour.

Sur la route, l’information est toujours égale,
parmi les arbres immenses et droits, pénètre,
dans le paysage d’automne, l’électricité des regards,
avec ses laines brunes, grisaille, s’étalant, sur la plage,
tandis que dansent les grands sceptres blanc.
Monde porté par la seule créature du silence,
créature des liens, des directions-programmes,
des objets froids veillant, et des astres.

Il y a très longtemps que jamais survivant n’est venu
et personne parmi nous n’a vraiment vu,
tomber l’errant maigre, le seigneur, le signe en croix, squelettique,
tout en bas, là près des quadrillages de béton et de sang,
du grand atelier noir qui tombe droit à l’infini
et mène toujours sûr à la froide inspection.

Qu’il tienne ouverte la paume du seigneur ancien,
entièrement vierge, croix lisse et sans faille,
Par l’oiseau blanc voletant doux aux cris affreux
l’oiseau juché en haut des astres, des refuges et des étoiles,
Là, s’est dressé le grand bâtiment de signes noirs,
dans l’immense acropole qui bouge, errante.

Jaillissent par ses fenêtres, les chiens du temps
et leurs griffes acérées, ininterrompues.
La corde vocale du réseau, vibre à l’infinie,
jouée sans images, ni écrans, ni musiques,
Le feutre des promeneurs de masses, bleu et humide,
habillé sur les corps des femmes, divins.

Glissant par tous les pores des plastiques,
et les soleils artificiels, boules de feu iniques,
Par le ramassis de peurs atroces,
l’amas du réseau électronique et sa dépouille
et les voix sans fonds, trouées, dissolues.

Au fond de l’abîme sourd de nos dialogues,
gisent les grands et sombres buvards,
Remplis de mots et de détresses séchés,
de feutres liquides et de longues promesses,
Qu’ont jetées par dessus l’épaule du monstre,
les grands soirs d’espérances.

Les enfants des mines remontent parfois à la surface,
depuis l’océan, sombre liquide, et sans détresse.
Leur codage gris dont la fixité regarde
partout cette présence occulte, que rien n’arrête,
vient frapper les jours du nouveau monde.

MP – 03/05/2020

L’Espérance

Formes organiques, fières et vitales,
de tes yeux-vagues d’océans,
mon sang d’écume qui bouillonne,
et la plaine des sons devenue immense,

J’ai devant les nuages difformes,
l’éclaircie lumineuse de ton visage
Celui qui guide à tout sens,
et hors des mondes figés,

Libre de tous les mouvements,
par la seule volonté du futur,
Ferme, entière et solide,
qui nous amène plus loin encore,

Dans le tissu sombre du manteau de certitudes,
Devenir sa propre existence,
au travers de nous autres, blessés,
Accomplir l’achevé de l’acte-monde parfait,

Tu peux croire en la joie, la liberté…
et en l’amour libre des mots d’infinis,
Croire pour aimer et montrer le sel de notre futur,
Croire pour ne plus souffrir,

J’ai le sens charnel de nos souvenirs et des corps vivants,
Leur expérience qu’impriment les gestes et les paroles,
Dans les habits rouge-sang de nos échanges,
par delà le sommeil des monstres.

MP – 10022020