L’océan rempli de lignes d’eaux vertes
et des vagues bleues et blanches,
fuyant parmi les noires et longues sirènes
habillées d’algues, de peur et d’écumes,
a recouvert le grand spectre blanc du silence.
Diaphanes, remplis de gêne, devenus inutiles,
Des mots sans coupures, sans corps précis,
sans mêmes objets, ni astres d’attentes.
Des frondaisons aux fougères et branches fuyantes,
créatures mobiles, exactes, bruissantes, et venus sans but,
chercher avide comme une terminaison des notes,
des musiques frêles, silencieuses et vides.
La mort ici est la seule frontière de nos signes,
Paroles, mots, images et sons mêlés,
ne viennent plus ici, tenir humaine figure.
Des masses de mondes-globules de sang,
sectionnées au milieu du seul monde aimé,
ne cessent jamais de venir, de voir et de disparaître.
Dans le voile inerte du vivant,
visages, flaques et figures du corps
percés par des signes qui emportent et détruisent,
ne viennent plus déranger les corps aimants,
le bruit des lents vaisseaux de guerre
filant dans le ciel rouge-sang.
Veux-tu disparaître merveilleux ange de la fêlure,
dans les cris d’oiseaux piqués à l’intérieur du crâne ?
Le chant continu aux rythmes sourd et syncopés,
et aux mouvements inertes et sans vie,
laisse par devers toi le chant des oiseaux, la litanie des ombres.
Silhouettes à demi humaines, figures minuscules,
découpées dans un ciel d’orages et de songes.
MP – 02/01/2020
