La dévoration

Au creux des bâtiments rigides, nos âmes demeurent, figées,
Affreuse, fixe, sans couleurs vivantes, cette grammaticale terreur,
a pris tout le spectre d’isolement et la fonction morte ; sortie/entrée.
Une altération froide ; machine frêle battante dans le cœur de pierre,
qui dévore toutes leurs extrémités ; mort et vie, tout proche du silence,

Il est toujours, sans question, posé le niveau fixe de l’eau boueuse,
question d’une même linéarité noire et ses liaisons de cercles d’opale.
Sanglante et sans espoir ; l’aube brûlée du monde a terni tout l’horizon,
Rien ici n’est plus jamais dit, su, écrit, comme avant,
Rien de ce qui est fait, ô symboles, n’arrive encore aux consciences.

Des anges de pluie provoquent les sombres colères,
des grands tenanciers de l’ordre et leurs funèbres protocoles.
Écriture sacrée et signaux sans vies, font des verbes glaciaux,
Ils hurlent seuls devant la mort et son habillage de spectres,
et travaillent pour détruire les otages pris sur nos batailles.

Et tout autour là, un nouveau monde si blanc-liquide approche,
Une naissance d’astres et de langues fragiles, sans comptants,
Qui vont jeter les grenouilles multiples, bavardes et croassantes,
Celles qui stationnent, droites et coupables, bien en vue,
dans la dévoration lente, silencieuse, des morts.

M.P.
13122019

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