Masse grouillante aux habits liquides,
Tu glisses sur l’étendue d’eau livide,
Pleine et entière est ta robe de poussière,
Mille pattes vibrantes au son du vent dans les feuillages,
Entend-tu la musique des sphères du silence ?
Celle dont les portées statiques creusent
Un lit aux bords élimés dans l’offrande de midi ;
L’attroupement de créatures malaxe un long cri
Qui monte dans la gorge du promeneur endormi,
Telle une flèche d’or à la pointe aiguisée,
Perce le cristal du plafond qui découvre et brûle l’horizon,
Rivière qui danse sous l’œil à demi ouvert
Et coule dans la foison du lierre, s’agrippant,
Rivière noire, chantant au milieu des thorax brûlés,
Qui transperce le voyageur sans visage, ni raison.
Le chemin du serpent humide et frais,
Au seuil du portique rempli de chairs,
Là, découvert, gisent les amas d’os blanchis par la vague,
D’où se meuvent les flammes sans couleur, ni chaleur,
Des figures par milliers, s’agitent dans le couloir.
Du lieu sans fenêtre où se réfugient les grands errants,
Des guerriers sans mobiles autres que la faim tenace,
Arrachent et mangent leurs nerveuses terminaisons ;
L’électricité grésillent dans leurs longues antennes,
Pour que revienne la lumière froide du rampant,
Vois-tu partout s’extraire de la masse brûlante,
L’épais liquide chaud et gluant,
Des ténèbres venues noircir l’intérieur de l’œil,
Clignotantes de rouge sang et de cuivre,
Parmi les ombres surgissant, vois la brûlure sans fin.
MP – 13102019
