« C’est le paradoxe suprême de la pensée de vouloir découvrir quelque chose qu’elle n’est pas capable de penser elle-même. Cette passion de la pensée est, au fond, partout présente en elle, y compris dans celle de l’individu, dans la mesure, bien entendu, où en pensant, il n’est pas lui même. Mais à cause de l’habitude, on ne découvre pas cela. »
Søren Kierkegaard, « Chapitre III, le paradoxe absolu : (une fantaisie métaphysique) » in « Miettes Philosophiques », « Œuvres I » p.1008, Gallimard, 2018.
Sentir l’écharde dans la chair, la couleur du noir paradoxe,
l’intensité du cri qui remonte du fond de l’existence,
pour briser les lignes – prisons muettes tissées dans l’obscurité,
et réentendre les murmures humains, surgir au fond du désert de visages, l’absence de forces, de tensions siennes ; de projections devant soi …
Il est passé le temps historique, prévu ; le devenir objectif et mondial, et rien d’autre n’existe que l’existence sensible, heurtée et la subjectivité crainte.
Les lames de mort du système qui pénètrent dans la blessure portée bien en avant, pour la vie absurde du moi ; une synthèse du fini et de l’infini, l’instant éternel qui perce au grand milieu ; les cadres effarouchés du Temps …
Regarde l’existence creusée par l’interrogation du penseur ; l’ironie des démons ;
l’enveloppement des sujets, la duplicité des masques et le double vivant, à chaque temps, à chaque lieu …
Voilà un pseudonyme ; une méta figure, une mesure autre qui raconte son histoire et transforme sa subjectivité – nôtre, aux contacts étroits, inconnus, des mots, des images, des folles musiques, et au plus près de la vie ;
vois l’impression autre et sienne, l’existence du paradoxe, qui est la demeure du vivant ; l’être soi, projeté par le scandale et ce destin porté comme une nécessité à vivre et l’absurde mort évidente …
Le désespoir pris dans les blessures des vivants, l’infini illusoire et cette agression contre les formes, contre les histoires, contre les voix…
Est l’agression du mortel abîme, pour la dissidence et l’absolue totalité. Ah mon dieu « K » ; détaille les figures et les actions imputables, comme une force plurielle, centrale et diverse, reprise aux bords du néant, les pseudos formes qui dévalent les pentes abruptes du paradoxe, le silence résonne bien plus au loin, il ressemble à la venue des morts …
Rien ne filtre de lui que je ne puisse encore dire, écouter ou prévoir .. Il est là comme une grande maison inerte, imposée, immense, autour de soi, une métaphore puissante ; un cercle d’abîmes et de détresses ..
Et le temps file au travers des portes, des visages, des seuils d’évidences, il faut travailler les normes ; creuser à l’intérieur du paradoxe ; vivant/mort ;
pensées/calculs, activation/tranquillité, inerte/mobile, machine/existence ; lois naturelles, lois humaines, le paradoxe taille des méta figures désirables et utiles, issues des profondeurs, dans les matières brutes et plastiques, les natures toujours prêtes ;
et le mouvement alerte de l’humain différent, qui s’arrête blessé, montre tout le spectre historique des vivants ;
la plongée au cœur des forces de la vie, de l’existence absurde ; comprendre là où le fini prends le pas sur l’infini ; l’organique et la finitude de l’existence ; l’épuisement certain, l’espèce de résistance mortelle contre l’Automate ajusteur …
La forme rigide qui prévoit tous les cas de figures, et sérialise l’absence à soi … Vivre à contre-temps, refuser les ordres et les compacts esthétiques.
Devenir soi est vraiment un métier absurde et jamais programmé ou réclamé, il est l’empreinte des êtres vivants qui font l’épreuve de l’existence, l’authentique « Signe de l’Humain », jamais prévu dans les lignes de l’État, de l’Economie ou des Machines ; c’est une vocation rare, un métier digne, honorable et un travail de perfectionnement …
Et les langages des spectres Nihil jouent contre la vie, contre les pensées du paradoxe, ils remuent au fonds des tiroirs des grands ameublements ontologiques, et ne ressemblent qu’à une série infinie d’eux-mêmes. L’économie du rien et de l’identité sérielle affronte l’existence, la sensibilité, l’Esprit et la chair …
Et c’est par les trous noirs, les balanciers, les abîmes qu’il faudra passer …
En voyageurs de suspens, de catastrophes et de transformations vitales.
MP – 28112025
