Les bêtes meurent en silence

Fuseaux de chairs muettes, aux membres serrés,
Dans la gueule métallique des serpents,
Avalent la lame cristal, le pistolet et la tâche sombre,
Sur les caractères taillés profond avec ton sang,
La lumière blanche des aveugles qui perce les vitres,
Dans tes seules terreurs vides et si longues.

Le cadran rigide par le découpage froid des aiguilles,
A inséré les heures mornes dans le paysage stellaire,
Scansion des minutes vides et du froid silence,
Des bêtes opaques et des lettres-chiffres allumés,
D’où surgissent pareils, les ouvriers du néant,
Ceux-là qui dressent sur des crocs, tes squelettes,

Habillées d’un blanc-seing affreux,
Dire, et écrire ramassés dans les nuages de cris,
Invisibles morsures à peine dans le chant du mortel,
Des nuits ou se jettent les eaux de leur calcul glacé,
L’essaim de spectres noirs sous la voûte du ciel,
Du menteur silence, industrieux, inerte et figé,
Le vivant ancien tout prêt, heureux, déjà pris.

Empaqueté dans la nuit d’obscurités, sous vide,
Sous le format viande et rouge graisse, nœuds, nervures,
Flammes nouées où circulent les immenses appétits,
Des hystériques humains à l’imitation sacrée et débile,
Qui font des singeries, des ventres, des filaments,
Autour de l’axe froid de leur même silhouette.

Le même axe tendu avalé en marchant,
Par le goulot d’étranglement, le trou vide et leur visage mort,
Des corps à n’en plus finir, seuls ré-agissants
Sont jetés ensemble, devant la ligne de foule,
De longues carcasses rouges et os, fumantes et tremblantes,
Emportés par l’envie, le bruit et la fureur,
Aussi lente que la mort qui persiste.

En avalant obstiné, tous les jours,
La même nuit blanche et rouge, et les masses débiles,
Que creusent leurs orbites folles, paniquées,
Et fait des hommes, enfants et femmes
des marionnettes riantes, remplies de viande,
Il reste à supporter,

Le chemin qui mène leurs figures proches vers l’ailleurs,
Partout glisse l’enveloppant silence,
le visage de l’ange est fermé,
Ce grand désordre du spectre tout blanc,
Ne reste pas ici, bête, car c’est ta mort.
Et ses cohortes d’attente, de charognes et d’insectes.

M.P. 08.12.2019

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