Transformation

« Les poètes allument des Lampes –
Eux-mêmes – s’éteignent –
Ils remontent les Mèches
Si la Clarté vitale


Perdure comme les Soleils –
Chaque Age sera un verre
Qui diffusera leur Halo de lumière »

Emily Dickinson, « Liasses » in « Car l’adieu, c’est la nuit », [1861-1886], p.245, Gallimard, 2007.

Sur le tapis d’étoiles brillantes et infinies,
vibrent les animaux et les végétaux au vieil âge,
avec des mouvements rapides, coupants.
La nudité de l’Esprit a tout enveloppé,
comme un astre de vie et de tranquillité,

tout le ciel et la forêt de pins et de fleurs,
baignés d’une atmosphère douce et charnelle.
Je descendais le fil de la sérénité,
en suivant pas à pas, l’aube enneigée,
sa venue sur la terre pleine de flammes,

Et l’eau rouge a recouvert les nuages,
en formant des larmes parmi les ombres.
C’était à peine si nous savions,
la portée radieuse du temps,
ses musiques d’oublis tirées du sang,

Nos paroles vagues se mêlent aux cristaux,
de la rivière d’eaux froides et transparentes.
Le son extrait des roches est si pur,
et cette musique du vent qui nous caresse,
le visage et les bras dorés et nus,

Le calme de la loi naturelle, sa profondeur,
la forêt humide, et ses creux de fraîcheur,
toute la terre et ses multiples odeurs,
ont recouvert l’horizon fermé des villes.
Ah cette mutation des couleurs, cette profonde nuit,

d’où jaillit l’âme de la lumière et le sens des choses.
Les bêtes et l’humain mêlés sur le chemin d’espérance.
Écoute le silence, l’immensité du grand silence,
vois l’horizon ouvert derrière le mur brisé,
dors dans la solitude des étoiles.

MP – 10072022

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