Ton étoile

Dans le jardin des songes aux basaltes fumants,
Sont nichés de grands et vastes habits obscurs,
Outres de cuir noires et blanches depuis toujours,
dé-couturées, dans les liquides d’argent ; ils parlent,
A l’oreille fine, calibrée des astres brillants,

Dans l’émission du son sans origine, visages, paroles, ni fin,
Délicieux liquide glissant dans le crâne des morts ;
Partout glissent les amas de rivières sombres,
Que la même destination converge toute droite,
Et font mouvoir les statues fixées dans le ciel,

L’axe figé du temps s’est même renversé
Brutal aux centres nervures des corps métalliques,
et tout autour s’enveloppe noirs les pans entiers des galaxies,
Tant va la mort et si vient la toile de nuit,
qu’elle pénètre l’intérieur des amas de signes,

Que prononcent en passant les mêmes petites bouches,
Ouvertes sur la voie lactée et l’infini,
Ces bouches-prisons sans mots, aux barreaux si liquides,
Incorporées aux visages de chaque individu-outil,
Du temps ; l’obscurité a envahi toute la lumière,

Du haut des frondaisons sauvages,
Traverse l’or lumière de l’étoile, fixe bientôt muette,
Dont la direction n’indique plus rien, ni sang, ni autour,
Que le même exercice lent, appliqué et sans fin,
Du bavardage incessant des êtres vivant sans buts,

Ni sens ou formes, dont les physiques erronés,
Conviennent bien au gouvernement des choses ;
Tous ces physiques d’êtres morts,
Ces débris lents et sans volontés propres
Circulant par l’anarchie des bêtes,

Il n’existe que le rapport, la fonction et la fin des organes,
Le ciel tout noir, opaque, du ressenti,
qui aiguise les nombreuses plaies ouvertes
Des musiques passantes la bande d’audio-scripts,

L’entière attente qui fait patienter tous les êtres
Devant le précipice, et le mur, avant leur chute,
Droite et lente, cette chute des organes a lieu
Dans un temps fini, morne, et tout seul,
Personne ne peut rien dire, ni sentir,
Quand s’effondrent les ensembles droits,

Au milieu des figures piquées dans la voûte obscure,
Sont tenues des noires et profondes assemblées,
De vieux théâtres centraux pleins de chaises, de tableaux et pupitres
Ordonnés par la parole fière et le visage des morts,

Des prêtres affamés rompus à l’exercice du sang qui coule,
Et aux raisons d’agir ciselées par un calcul froid,
Ici, les paysages du sens ont été figés
Dans des tableaux cloués dans l’espace,
Et là bas ou rien ne vient plus surprendre les actes,
Où rien n’est plus nouveau.

Il peut se faire qu’ici, plus rien n’arrive
Sinon le prévu, l’assimilable et l’anxieuse défaite,
Dans cette planète morte d’où grésillent les carbones grisâtres,
Par morceaux noirs, jetés là devant, et sans buts,
Nappes d’éphémères, brûlantes de vie,
Et de mouvements figés, arrêtés.

Il peut se faire que tout surgisse à nouveau
A chaque instant frêle saisi de la main aimante,
Comme indiquant la volonté belle du vivant et du mort ;
Le chemin tout droit, sans retour aucun,

Par dessus l’horizon glissant dans la mer d’encre,
Et des flammes qui se tiennent, gisantes et brûlent,
Les cohortes d’étoiles frêles luisantes au delà,
Si blessantes, noires, lumineuses et si belles,
Venues briller dans l’immensité du silence,

Avec des questions posées sans réponses aucunes,
Dont les compilations infinies qui n’arrêtent plus rien,
Fluidifier le temps, et la seule tentative,
Le puzzle aux pièces éparpillées dans l’espace ;
Personne, ni rien, ni toi ne l’a conçu,

Aux grands nuages saignés de noirs,
Sont épinglés tous les insectes sociaux,
Les hordes débiles et raisonnables différentes,
Et leurs activités morbides pleines de vouloir,
Leurs prévisions lassantes, irradiées par l’espace,

Ou stockage, échange et flux ressassent, libre,
La même terminaison de vues, de corps-idiots et de vies,
La même direction illuminée aux distants contacts ;
Ce lent sentiment de l’étoile qui remonte.

M.P.
25.04.2019

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