Les poissons gris nagent dans les bassins de Neptune,
Dotés de nageoires longues et frêles, argentées,
Dans les masses d’eaux plus sombres que la nuit,
Avec des mâchoires plantées sur leurs gorges d’écailles,
Ils tournent sans fin, formant des cercles d’artistes morts,
Et pénètrent chaque basalte lumineux et or,
En une danse concentrique vers la fin de minuit.
Pleins sont leurs sacs d’arêtes dures comme l’ivoire,
Et le soleil est tombé dans le fond des entrailles,
Des poissons gris où s’amoncellent les vénéneux cris.
Montant sur la brise d’air viciée à l’ombre des yeux,
Qui fixent, immobiles, les chemins gorgés de feux,
Les astres rutilent à l’horizon des vases brisés,
Et le froid pénètre les frondaisons mortes,
En glaçant les os, aussi fins qu’une lame effilée.
Les rayons droits de la lune sont venus le soir,
Mettre des habits de lumière à la terre jaunissante,
Près des rochers durs où s’écrasent les regards,
Des picotements sur la peau métallique et lisse,
Les poisson gris nagent dans les bassins de Neptune.
MP – 12/03/2020
