Néguentropie

« Un système d’information électronique construit et détenu par des intérêts privés intégrera nécessairement les traits caractéristiques d’une économie d’entreprise privée ; l’inégalité des revenus, accompagnée d’une production de biens et de services orientée vers le profit. Production et vente étant inséparablement liées aux questions de ressources, l’économie globale est dirigée par la logique du marché, à savoir produire pour, et s’adresser à ceux qui disposent des plus gros revenus.»

Herbert I. Schiller, « Les technologies de l’information sous influence : l’instauration d’une ingouvernabilité mondiale  » in « La société informationnelle : enjeux sociaux et approches économiques », sous la direction de Anne Mayère, l’Harmattan, 1997.

– la diminution du désordre –

Dans les canaux rutilants, fabriqués, les câbles-monstres,
branchés dans les centres de décisions, qui font circuler la lumière,
et cette gestion des flux, des ordres et des contres-ordres,
océans infinis de données, activation de systèmes info-numériques,
l’identification du user-unique est contrôlable par les opérateurs des flux,
Dans les attitudes, les fautes et les gestes enfouis dans les corps,
des dresseurs de torts, des milliers d’adeptes du psycho-contrôle,

se nichent les sommes de réactions prévues, fiables, attendues,
les cercles de langages morts, parfaits d’indifférences et d’ennuis,
tandis que tu cherches seuls, à sentir, à aimer, à toucher,
que la soif de paix, d’harmonie, remonte, dans toute cette férocité,
l’absolue urgence par la destruction du sensible et du vivant,
la même sensation de manque qui traverse tes veines,

et ces pantins fiers penchés sur leurs mobiles et télé-prompts,
leurs mini-bulles numériques, qui les séparent à tout instant,
à l’intérieur des corps meurtris, des silences des vivants placés là,
idiots, idiotes, vulnérables creusés de stupeurs et de souffrances,
dans une anarchie progressive, une désorganisation qui fait mal …
Et cette capture incessante de l’attention est une arme,

brandie par les corporations noires et mutiques,
les internationales de la négation, inertes et nombreuses,
les laboratoires neutres, liquides et précis du grand enfermement,
Tue, consomme, mange, dévore, oublie … recommence ..
mais reste à ta place prévue, muette, utile et recommandable,
car tu es le maillon d’une chaîne du maître-programme,

Devenir ce rien, le facteur « x » d’une opération de l’écosystème,
la cervelle blanche et vide, le corps effacé, nettoyés par erreurs,
aux mains squelettiques, pianotant sur des claviers neurales-électriques,
l’absence de sujet, ici, la bas, d’un « je » de volonté, fort, presque aidant,
l’indice du caractère transparent, pure et vide des âmes,

Et ici la défense du paradoxe est une stratégie, un bienfait,
il questionne et met en doutes, reprends les vraies perspectives,
à la juste mesure des choses, avec la vie, la Nature et la mort,
la possibilité d’être libre ou la condamnation aux fers digitaux,
le choix d’un contre-temps, habile, l’esprit dansant, alerte et bienvenu,

l’information qui stimule ; réactions, émotions, et ré-ouvre des systèmes,
celle que la rareté qualifie comme seule valeur réelle,
celle qui transperce l’armure des grands idiots-mimes,
qui fait chuter les armées de singes et de fantômes,
à l’intérieur des masques, des outres-mondes, des flammes,
celle dont la saveur, quand tu goûtes à chaque signe,
est une lente remontée de l’enfance, une perle de larmes,

de formes belles, fragiles, aux souvenirs émus et toujours à venir ;
la guerre du milieu ; des aidants/aidés, des sachants/apprenants,
chérie là tant que tu vis, l’énergie des formes qui font la différence ..
ciselées dans les habits des pauvres et des humbles,
l’énergie du grand désespoir et de la tempête.

MP – 15092023

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