Hétérodoxie

Une éducation libérale, politique, économique et sociale au XXI°siècle (2024-2050) est une éducation libre qui se construit à l’intérieur d’une forme de vie politique complexe, avec en arrières-plans, les Institutions actuelles et la vie sociale et économique dont les linéaments sont des résistances aux répliques historiques d’une vie antérieure et opposée faite de « Backlash », de réactions épidermiques, de traditions morales et de conservation d’un mode de vie ancestral, traditionnel, polarisé autour de la séparation des sexes, de la promotion de la fonction sacrée du père, de l’exclusion des étrangers et de la promotion de la voix unique (Univocité), issue du psycho-pouvoir et de l’État antilibéral venu du mouvement des pays antilibéraux et des extrêmes droites européennes.

Comment des parents nés à la fin des années 40, ayant franchis avec enthousiasme la révolution des mœurs de 1968 en France et en Europe (ceci contre la culture traditionnelle de leurs familles) éduquent leurs propres enfants des années 1970 en France ? En recueillant d’abord différentes évidences terminales (faim, amour, joie, souffrance, espérance, vulnérabilités …) qui affectent leurs corps et leurs esprits, ensuite en participant avec grâces aux travaux et désirs de leurs enfants par le dialogue constant, la liberté créative, le souci de l’égalité et de la justice et la forme aiguisée de l’Esprit critique qui vont tous les jours par l’éducation à l’information et l’actualité interroger l’évolution historique du monde …

Et l’aspect vraiment libéral de cette éducation est ici très important … Le libéralisme en politique issu des travaux de John Stuart Mill (1806-1873) consiste à préserver à tout prix la liberté du rapport à soi, la capacité à décider de manière intime sans l’aide des autres ce qui est bon pour soi … Et ce libéralisme là que l’on étouffe partout en 2024 au nom du néo-libéralisme et de l’autoritarisme en économie et en politique est une promotion de la pure liberté d’agir psychologique et politique, de décider et de se représenter le monde tel qu’il peut l’être, avec tolérance en matière de morale et acceptation des différences culturelles et sociales.

L’hétérogénéité du monde libre est une qualité majeure des interactions sociales, avec laquelle, les individus peuvent composer et s’exprimer, soutenir ou refuser les mondes économiques, espérer ou renoncer vis à vis de la vie brute, organique, symbolique. Et l’aversion envers la conformité est si grande pour nous ; ce rejet est une pure acceptation de la vie démocratique ; l’ultra-démocratie est le monde qui vient ou qui seul existe pour nous, dont les forces politiques sont la capacité à devenir soi même hors des cadres et des causalités outillés des régimes de discours dominants.

Si nous devions repérer les traces de cette éducation libérale, nous pourrions insister sur l’absence de jugement moral appliqué aux nombreuses bifurcations de sa propre vie, d’enfant et d’adolescent, le sans faute libre et le refus du dressage mécanique aux supposés fondamentaux des savoirs que devraient connaître absolument les enfants … Ici le dégoût contre la violence éducative, l’orientation des esprits, la conformité vis à vis des corps et des esprits éduqués et sachant renvoie à ce refus d’intervenir dans la maturation des esprits, le rejet d’une morale particulière, l’exclusion des bien trop nombreux dans le rire, le jugement de goût, l’évaluation morale et politique ..

Ainsi l’idée d’une éternité d’objets (mathématique, morale ou religieuse) flottants dans un monde extra-situé, et qui devrait nous dépasser, nous transcender par un ciel d’idéalités pures ; l’idée que nous soyons comptables nous êtres vivants d’un idéalisme qui se réfugie dans les pensées issues des consciences privées ou dans des arrières-mondes inaccessibles et occultant le monde des objets extérieurs, ne peut pas résister à l’épreuve du réel et de sa physique.

Le réalisme existe aussi en politique – , c’est le refus des belles âmes [il n y a qu’à ; faut qu’on] et du mythe de l’âge d’or ; nous percevons directement les objets et les enjeux du monde politique présent à l’extérieur des idéologies et des réductionnismes ; ceux-ci ne dépendent pas de l’idéologie – le réalisme consiste à travailler dans le temps historique, repérer les enjeux des situations du présent ; les constructions morales et les destinations des sujets historiques (progrès techniques, démocraties, tolérance politique, sociale et culturelle …)

Et le courage des familles modernes (au XXI°siècle) qui choisissent d’appliquer à leurs propres enfants, cette libre éducation issue de la révolution des mœurs de 1968 et du socialisme libéral, vers l’hétérogène, la singularité existentielle, l’humour juif, la solidarité et la critique féroce du conformisme, a payé le prix de l’absence de considération de la société autoritaire, des vieilles Institutions, de la minable sécrétion des conservateurs politiques, débiles et rances … Virilités, machismes, patriarcat, sexisme, malheureusement nourrissent des pensées réactionnaires et antilibérales centrées sur la performance morale des corps et l’alignement des esprits sur l’Esprit du capitalisme historique ; à contre-temps, à contre-opinions, avec le vent des nouveaux Temps féministes et écologiques qui arrivent, à contrepoint et venus d’ailleurs, nous vivrons nombreux, nombreuses, extérieurs de prime abord aux religions dogmatiques et ancestrales, à la morale civile et à l’Esprit d’allégeance et d’identité, à la société des obstacles (spectacles/obstacles).

Nous vivrons assurément seuls, nombreux et fiers – hommes, enfants et femmes ; êtres vivants – par les inspirations philosophiques, le recours à l’Histoire, l’action politique, les capacités de l’Esprit critique – rester éveillé à ce qui arrive au présent – et la créativité de l’agir social-écologique et démocratique.

Fragments d’un monde détruit – 136

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