« Fütter mein Ego ! Fütter mein Ego ! Fütter mein Ego !
Lass uns noch was Wodka holen
Russische Vitamine, Russische Vitamine, Russische Vitamine !
Ich glaub, wir müssen nochmal hin
Ich glaub, der Typ schläft schon
Niemals! Bestimmt! Niemals !
Zieh!
Niemals schlafen! Alles Lügen! Staubiges Vergnügen!
Telefon! Zieh!
Hörst du das nicht?
Eine fixe Idee geht durchs Zimmer
Riemenschneider schnitzt sie in meine Gehirnwindungen
Dübelt sich in meinen Kopf
Später dann
Kannst du Regale dran aufstellen, oderZieh! Telefon! Jetzt aber wirklich
Sag mal hörst du das nicht?
Zieh! Das brennt ja wie verrückt!
Fütter mein Ego! Fütter mein Ego ! »Einstürzende Neubauten, « Yü Gung (live) » in « Strategies Against Architecture II », EGO, Berlin / Some BIZZARE London, 1991.
Logo d’Einstürzende Neubauten ; un pétroglyphe pariétal d’origine toltèque ou olmèque
Cueillir les trompes la mort dans les couloirs d’un Temps glacé,
les axes d’un sang métallique rigides, qui coule aux bords des pièces,
l’obscurité immense rampe au milieu du corps,
cette vague noircie et les étincelles de flammes or et bleues,
les yeux fixes ont dirigés des visions, rameuter des sensations,
sur les glaces brisées se sont couchés les « créatura », les grands discours ; l’indifférence règne en maîtresse et le polissage des verbes mentaux,
est un art subtil et délicat, maniés par les audio spectres, les figurants, ils sont des milliards rejetés au fond d’une caverne, d’un puits de silence, l’Ego-drame, le refoulement, le cercle d’ombres et d’insuffisance, qui dresse les foules de marionnettes dans un théâtre fort cruel, et le fonds tout sombre derrière l’Ego, est inconnu, « Je » ne sais pas ce qui a lieu derrière toi …
Car « Tu » ne l’a jamais découvert, « Polis », cité du sens ;
cette dimension expressive encore invisible, jamais touchée,
là où les gestes sont des failles qui attirent et excluent,
les visages aux traits figés, les mouvements aux digits parfaits et égaux, et tout cet imprévisible rompu est rejeté à l’extérieur … Voir l’extérieur, approcher les galeries de gestes brisées.
« Je » est une fiction grammaticale, une routine pratique pour dire, ordonner, configurer les présences de soi à soi, organiser la fuite au delà, il ne désigne rien comme objet et cet absolu identique qui trône dans le ciel, la pensée et l’indice de l’existence, qui percute toutes formes, dans le règne de l’absence à soi, le recueillement muet à l’intérieur … « Tu » ne peux rien voir, sinon la rumeur venue des prisons,
les cellules invisibles par milliards qui drainent votre attente,
la séparation des vivants ; dans l’ordre des choses, chacun, chacune,
pris.es, emmurées dans les affreux barreaux liquides,
la danse folle des âmes fermées sur les cercles,
longeant seules à seules, les lignes des prisons à ciel ouvert,
goûtant au plaisir égoïste, au repli sur un pseudo soi ;
Il fait toujours froid dans l’Ego dévorant les nuages et le rien,
l’axe logique rigide qui identifie seul, les cercles auto-suffisants,
et ses habits noirs sont faits pour masquer, voler et détourner,
toutes les raisons sont ici des détournements d’actions,
des captures des attentions pour ne vivre qu’à l’intérieur …
Ah quel est ton corps-machine dressé à réagir ?
Quel est ce corps aux réactions prévues, toujours commandables ?
L’idée fixe est semblable aux tourments, aux rutilants cauchemars,
elle tourne dans le corps-manège ; l’ordre capital, nourrissez l’Ego !
Creusez les couloirs dans l’inaction, les galeries de gestes adaptés,
Fabriquez les virtuelles prisons, les fausses prisons,
et les cerveaux joueront des modes réflexes d’automates,
des suites de notes terribles, alignées comme des scripts …
Ah la chromatique terreur, la terreur d’exister …
Celle dont les peintures et la musique traînent sur les amours déchus,
et l’orbite des planètes monde restera fixe, ancrée, figée,
les figures des spectres seront les mêmes, toujours,
hantant par leurs présences folles nos gestes et nos voix,
l’errance du je qui sort de l’Ego, le drame humain,
l’échappée libre et sans restes, sans filets …
MP – 22112024
