Alpha Matrix

« Il y a deux mondes ; celui des maîtres et celui des esclaves. Les Maîtres sont inaccessibles et les esclaves s’entre-déchirent. Mais même cela l’athlète W ne le sait pas. Il préfère croire en son étoile. Il attend que la chance lui sourit. »

Georges Perec, « W ou le souvenir d’enfance », p. 218, Éditions Denoël, 1975.

Le battement du pouls de mer, la marée bleue et noire,
comme une fragile écume, est, à minuit, venu ; tout près,
en remontant les avancées froides des vagues,
en crissant de douleur, le sable, pénétrant nos regards de verre,
forgés d’angles durs ; orbites larges et coupantes.

La grande lune avait allumé la torche des yeux du cerveau,
Ce qui tombait, las, demeurait tapi sous le ciel noir, respirent,
fières particules, en vif contraste, dans la mémoire des étoiles,
Renégats de l’acropole, qui montaient fiers, les escalators en argent,
Les gueules défoncées d’une obscurité profonde, attendent la visite,

Des équipages de pitres convergent vers l’étal mort-liquide,
depuis les rives isolées de l’île-forteresse que baigne le vert azur.
Parmi vous saigne la mesure de souffrance, le bord atteint,
car il est trop tard pour renier le grand voyage derrière soi.
Ceux dont l’haleine fixe a stupéfié la montre ouverte,
les grandes aiguilles d’exquises postures avaient crû,
le long des fourreaux des dernières rives trompées d’avance,
mordent loin, seules, sous la poussée des métaux nus.

La descente de goémons sur l’épaule, et le roc blanc, humide,
Brinquebalent des sachets de sel à la chaleur sans pareille,
Les pas courent vite, des chemins en surplomb des dunes,
d’où s’éjectent les bancs de grives musiciennes en poussières ;
Le muscle du vent frôle ; bateleur des hautes plaines,
les couloirs gris et rouge, musant des cercles d’opales.
L’émacié présage dont le transport de nuit, avait fait douter,
du tournoi indéfini des comptables morts.

Sans arrêt, des statues offrent le seul silence, la nuit, et regardent
les jeux de lunes brûlantes, fait du doux secours des gardes,
posés à travers vos gestes d’exécutions publiques.
Il est monté de toutes pièces, unique, le futur théâtre d’aurore ;
sa lumière brille par des mécanismes d’huile, de feux et de sang ;
les fantômes de la guerre y passent souvent, de nuit, après l’orage,
pour y effacer nos corps ; amères, sans langue, ni vie.

MP – 24042021

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