Une solidarité bio-fonctionnelle interne à nos « forme(s) de vie » s’exprime par une redécouverte de nos besoins organiques, de nos tendances instinctives et de nos désirs ; là où un retour vers la vie est promu de manière transverse, dans plusieurs mondes sociaux, plusieurs univers symboliques, plusieurs milieux de vies différents, hétérogènes et souffrants. Jamais le retour vers les sentiments sociaux, universels et primitifs du vivant n’a été aussi impératif, urgent et nécessaire ; là et maintenant lorsque nous pouvons « panser » ce monde multiple, en crise, nous faisons de la place et libérons du temps pour des vies apaisées, ordinaires et redevenues communes.
Prendre soin, regarder, écouter, relier consiste alors à éviter de dénaturer l’individu social et à retrouver la pitié naturelle et le sentiment de sympathie au fondement d’une intervention sociale compréhensive. Par cette méthode de redécouverte de nos attachements sociaux premiers (pitié, reconnaissance mutuelle, sens de la sympathie, amitié réciproque), nous préservons un milieu social « utile » aux vivants, à la Nature et aux machines.
Néanmoins, toujours et partout, la sur-bienveillance guette ceux qui veulent prendre soin, relier et s’attacher ; un sur-contrôle de la santé et de la vie d’autrui qui en même temps qu’il surveille les corps et empêche le contrôle social démocratique de soi et sur soi, favorise les actions des nouveaux régimes politiques techno-sécuritaires. Leurs modèles politiques dans cette zone géographique – « forteresse » [Eurasie] issus du capitalisme autoritaire ne sont pas ceux de l’Amérique et du vieux continent européen.
Sortir du danger idéologique et des impasses psycho-politiques de la surveillance de masse imposée par certaines nations pour lutter contre des pandémies dramatiques demande des interactions collectives et institutionnelles continues entre démocraties. Nous pouvons ainsi agir en commun, tous et librement en préservant nos sentiments sociaux universels et notre « morale » sociale primitive qui attestent de nos qualités d’êtres vivants, « humains » et sensibles à toutes les détresses.
Fragments d’un monde détruit – 8
