« Auf der stirn die heuchelei
unter dunklem hautgesang
einaeugig tote sehnsucht
die hoelle sei ihr knecht
erinnerung schickt blumen
das hirn frisst staub
und knabenhaende geben
was das fleisch nicht zuegeln kann
oh menschlein hoer
aus deiner wiege stammen meine glieder
und heute bin ich vogelfrei
oh menschlein hoer
aus deiner wiege stammen meine eder
trampelt unschuld erde nieder
in der ferne ziehen voelker
singt der erde unschulds lieder
uns wird die welt zu klein
schaler traum zerstoere
blutbaeuchig das entformte heer
ueberblueh das ganze elend
deine mitte macht mich satt
ein aschenheer aus schatten
in der wueste tanzt
ein paar grenzen weiter
liegen hodenlose kriegerleichen
oh menschlein hoer
aus deiner wiege stammen meine glieder
und heute bin ich vogelfrei
oh menschlein hoer
aus deiner wiege stammen meine eder
trampelt unschuld erde nieder
in der ferne ziehen voelker
singt der erde unschulds lieder
uns wird die welt zu klein
das gewissen auferlegt
nur schweigend aufzutrohnen
dein glaesern angesicht
durch untat glut verbrennt
starre augen halten traenen
keine muetter mehr als schoss
nun faulen unsre leiber
in der erde die sie stumm ertraegt
oh menschlein hoer
aus deiner wiege stammen meine glieder
und heute bin ich vogelfrei
oh menschlein hoer
aus deiner wiege stammen meine eder
trampelt unschuld erde nieder
in der ferne ziehen voelker
singt der erde unschulds lieder
uns wird die welt zu klein »Das Ich, « Unschuld Erde » in « Feuer », 1995, Danse Macabre, Germany.
In loving memory of Bruno Kramm, died in Grenade, (Spain), the 25th September 2026.
Ich liebe deine seele, Bruno.
Je te vois mon dernier ami pris dans les guerres des milieux,
sur scène en Europe et en Allemagne, comme un mouvement de fuites, de résistances ou d’espoirs, avec la conviction intacte et la sincérité du monstre-humain, car nous sommes avec toi des monstres-humains et des formidables dissidences et nous luttons tous les jours contre les rejets iniques, les gènes et les dégoûts et une nuit lors d’un concert en Espagne, tu es partis, tu as disparus,
emportant avec toi le génie musical et la profondeur des traits expressifs, d’un groupe musical allemand – « Das Ich » – si original et drôlement terrible, déroutant, si expressionniste … J’aime ton esprit libre et radical et tes engagements écologiques et politiques sensés, je te sais gré d’une invention musicale constante, différente, contrastive et votre ligne de basse profonde, terrestre, irrigue ma pauvre vie de tous les jours ….
Il faut te revoir sur scène, avec Stefan, voir les mouvements des âmes et la grâce, au cœur des nuits à Berlin, dans les concerts alternatifs, rares, industriels ; toute cette richesse sensible et ces qualités humaines si remarquables sont recontactées en ligne, sur l’Internet, tout est ouvert et disponible … Et ton spectre physique et symbolique figure un contraste libre, une possibilité esthétique nouvelle, dans l’espace-temps pris dans vos rythmes et vos fusions d’objets sonores et quand nous revivons avec toi cette musique si rare, pour le soin et le réconfort, tout l’espace est irrigué par tes lignes mélodiques et la voix unique et les danses de Stefan … Tu maintiens en arrière plan, l’instrument synthétiseur comme une arme mobile, sur scène, avec ce sérieux bouleversant, cette gravité décalée et drôle …
Bruno, comme personnage, maquillé, vivant et incarné sur nos scènes, combien tu vas nous manquer, mon ami, au futur de nos scènes orchestres, nos familles, la tristesse et la fatalité des créations bien conformes, imposées et alignées aux futures conduites inspirées par la peur et la haine de l’étranger …
Combien de fois je reviendrais vers toi, mon ami, pour revivre tes passions musicales, et tes projets de transformation sociale, pour m’inspirer d’un comportement humain et artiste, sérieux et intègre, et revoir dans tes yeux foudroyés par la mort, la musique différente et nôtre. Je t’aime encore plus loin, plus près des nuits douces, animales et tranquilles, une solitude inespérée, une sorte d’ultime échappée du Temps …
Et dans ma mémoire, toi et Stefan, vous imprimez un rythme unique et européen, une cadence, une formidable organisation musicale, harmonique qui redouble et soutiens ma vie et change toutes insultes ou mépris en une insipide nausée et vos albums hallucinants d’originalités, de rigueur et de sérieux artistes, vont rester longtemps comme des références en Europe …
Nous vous aimons, toi Bruno, avec la douleur de la perte si terrible,
qui remonte dans nos yeux vagues et passés par le gris, les larmes et l’obstacle, des vies économiques modernes et incroyablement vaines,
nous chérissons le rare, les théâtres de la mort et de l’absurde,
et la traversée dans une nouvelle vie bienheureuse,
plus proche des sens concrets, des vies ordinaires, des expériences de contacts, et tout ce que tu as créés restera comme un imaginaire puissant du futur …
MP – 07102026
