« Fétiche cryptographique, Stratégie(s) du secret, Accélération technologique et Souffrances adaptatives et digitales »
Dans les techniques managériales actuelles de pression maximale pour faire du chiffre de vente et aligner les interactions professionnelles et inhumaines sur une dynamique de force de ventes de produits ou de services, le système informatique et la violence du numérique par la brutalité d’une commande saisie à la vitesse du mépris du capitalisme de prédation, impliquent une « conformation » puissante des corps et des expressions des professionnell.es ; ici, ce qui est en jeu est non pas seulement la violence de l’économie prédatrice mais à l’intérieur même de cette violence, l’exploitation des instincts de domination entre les êtres « assujettis » et la réification pulsionnelle complexe alignée sur un réseau de machines interconnectées. Là, où s’exerce l’emprise psychique de l’hyper-capitalisation des traces, des preuves, de l’authentification par les milliards d’automates de la révolution informatique économique, l’identification numérique des identités (bancaires) des clients est centrale ; elle seule permet la facturation et le rendement optimal de l’espace temps capitaliste. Pour quoi insister sur la brutalité des systèmes d’information dont les nœuds d’utilisation anthropologique efficace se résument à une commande violente sur interface(s) par les opérateurs de commandes qui appliquent les ordres d’une logique informatique visant la transaction financière. La conformation des corps aux systèmes informatiques de calculs du service et du rendement ainsi que l’incroyable réduction et appauvrissement des relations humaines à une question de coûts, de contraintes mathématiques et de bénéfices mutuelles engagent l’analyse d’un complexe interactionnel d’objets, d’outils, d’intentions et d’individualités humaines sur une voie difficile marquée par l’analyse des régimes de discours et des grammaires d’activités liées aux services clients expérimentés.
Il faut bien se rendre compte en septembre 2026 de la puissance de désorganisation du monde vivant, humain et de la lutte contre la vie ordinaire et les sensibilités humaines et animales, par le capital financier, anonyme, neutre, et froid ; l’anarcho-capitaliste comme maître tel qu’il arrive représente la figure marquante de ce quart de siècle – l’idiot-typique ; on se passe des normes de la vie ordinaire, on applique des pseudo règles de dysfonctionnement brutales pour innover à tout prix ; il est d’abord question de l’imposition omnisciente d’un fétiche cryptographique ; le chiffre brutal – anonyme – dans sa force de décision ultime est là pour prouver l’adhésion muette aux systèmes de forces et de contre-forces des marchés ; l’exploitation de l’Ego drame humain et sa réduction schématique comme seul encadrement du chiffre de la violence interpersonnelle ; l’objectif d’un management d’arriérés mentaux et de systèmes de contraintes, malades et dangereux pour le monde humain est la déduction de la part humaine de la part du calcul cynique, sinistre et égoïste, seule intéressante. Ici, on va retirer le gênant humain, tout ce qui est nouveau, surprenant ou étonnant ; la vulnérabilité qui empêche la machine d’optimaliser le rendement opérationnel de l’ensemble économique ; et les êtres humains adaptés qui « performent » comme dans un sport de haute compétition sont les seuls qui, alignés aux ordres des systèmes informatiques de transaction et des automates de tri langagier vont produire et diffuser aux kilomètres carrés partout où ils se déplacent et se contactent, le nov-langage conforme et transparent en termes d’identification d’un client potentiel ; seule cible et seule raison d’être du vendeur, de l’outil de transaction digitale et du client.
L’anarchie capital, c’est donc la violence des plus forts qui s’exerce sur les plus faibles, la haine de la non conformité, l’absence cruelle de soins aux autres ; partout où l’extrême droite progresse, partout ou le capitalisme autoritaire est en marche avec elle, partout où la totalité de l’emprise par les réactionnaires s’exerce quand elle est suffisante, envahissante, subtile ; là où la question de la normativité de nos relations ordinaires au travail est changée, meurtrie et bouleversée par la normativité cognitive, froide et « in-affective » des machines ; ici la question du mépris du corps et de l’esprit est centrale quand le corps et l’esprit sont engagés dans des tâches complexes au quotidien et qu’ils sont asservis comme des instruments d’aliénation dans un rapport d’échanges réducteur de l’effort humain à la seule pulsion de consommation et de plaisir immédiat. On en revient, sidéré, blessé, à constater l’accélération de la violence dans les centres commerciaux, les endroits colonisés par l’économie prédatrice, les services publics d’éducation et de santé et tous les lieux de transactions marchandes ; on en vient aussi à être épouvanté et effrayé par la maltraitance des systèmes de management inhumains fondés sur des vieux principes de management par objectifs (des années 1950) devenus, à l’ère du tout numérique, totalement coupés des fonctions sociales ordinaires et des besoins interreliés des êtres vivants ; ici le système capitaliste prédateur et destructeur des milieux sociaux vivants propose – en creux – sa propre destruction logique et éthique, mais personne ne semble en capacité de détruire de l’extérieur, la réalité incarnée de ses formes sociales-symboliques ; il faut pénétrer de l’intérieur, les logiques d’asservissement identitaires, enquêter sur les systèmes d’emprises psychiques concrets et retourner par des contrastes esthétiques saisissants la puissance de sa domination asociale et symbolique.
Il faut se rendre compte ainsi du bienfait des normes et des règles qui construisent notre expérience sociale, démocratique et symbolique en tant qu’êtres humains en capacité de langages, de représentations imaginaires complexes et de dialogues. Les interactions symboliques, proches ou distantes ou l’inter-acte humain comme acte de réciprocité devient un opérateur de changement complexe des sociétés humaines dés lors qu’elles ne supportent plus en elles-mêmes toutes ces forces réactives qui visent à leurs propres fragilisations et destructions ; et l’être humain sensible repris ou resitué dans un milieu de vie normale ou ordinaire est maintenant capable de refuser l’emprise psychique du capital et ses violences physiques, asociales et linguistiques. Non, je n’intériorise pas le mode de justification de la prédation et du mépris envers les plus faibles et envers l’extérieur expressif du monde naturel, non, je ne méprise pas l’ordre hésitant des choses naturelles et ses expérimentations ; l’expérience des contacts sensibles ; non, je ne sais pas ce que tu sais « Toi » machine à niveler et à trier, à produire, à surveiller les transactions maximales sur des chiffres et une conclusion digitale mathématique qui impose l’univocité du monde, des esprits, des gestes et des voix. Non, je ne préfère pas travailler avec vous qui conçoivent – si maladroitement – le rapport à l’activité humaine comme un programme de performance(s) et d’atteintes d’objectifs irréalistes.
Les optimistes idiots – issus de l’oligarchie technologique ou du cyber-militantisme libertarien – de ce monde de perdition collective et individuelle alliés à la puissance des machines de tri (IAG) et de sélection des plus conformes aux modèles de gestion des conduites dominants vont non seulement supporter la charge de la responsabilité éthique, importante et existentielle, de la destruction complexe et organisée de nos milieux de vie sur la Terre – la destruction des sociétés et de l’Esprit – mais ils seront rendus comptables de la dégradation esthétique de nos environnements symboliques, de la misère affective et sexuelle, causées par la réduction des expressions humaines à des programmes de réactions conditionnées par les nombreux systèmes de management dits rationnels, planificateurs, algorithmiques et performants ; encore si nombreux en exercice en 2026, qui font du mal à soi et aux autres et qui maltraitent les êtres vivants, humains dans leur travail de tous les jours. Les décisions humaines conformées à la binarité violente de la décision d’une interface de commandes informatique produit un monde terriblement pauvre, simpliste et affreux sur le plan symbolique et imaginaire et on comprends bien vite l’impossible acquisition de capacités de lecture et d’intercompréhension complexes chez les jeunes adolescents et adultes au vu du temps et de l’espace d’interactivités continues addictives, impériales et toxiques – les destructions complexes de l’attention sensible et de l’expérience vécue par le Smartphone sont ici impressionnantes – et de réactivités pulsionnelles forcés par les machines dites numériques et capitales.
Fragments d’un monde détruit – 220
