« Ein Fanal lodert am Horizon der Geschichte. Kein Warnfeuer, das vor Unheil, flüstert. Sondern dessen Flammen die Gräber vergangen Welten erhellen. »
Das Ich, « Fanal », Musik : Bruno Kramm, Texte : Bruno Kramm und Stefan Ackermann, « Fanal » wurde 2024-2025 im Danse Macabre Studio, Potsdam geschrieben, aufgenommen, und produziert.
Chaïm Soutine, Carcass of Beef (detail), 1925 – Source (Jérôme Villafruela, CC BY-SA 4.0)
La bête transparente, qui dit tout, comme l’invite sur commandes,
l’espèce d’étoiles qui transperce et tue, la gêne, le retrait,
l’étoile du médium aux formes vitreuses, sales et guerrières,
tes paroles sont pratiques, elles fournissent des preuves,
car il faut bien être adaptées, comme des bêtes à conformités,
aligner la preuve de son état, et sa manifestation, rester branchés, en direct, et nourrir l’info-guerre, les traces blessures de l’action …
Tout est en ordre, ici, maintenant, tout communique bien,
les volées de messages sont comprises, les ordres sont exécutés,
et les temps à soi supprimés alignent des creux et des angoisses,
l’étoile du soleil ressemble à la psyché glaciale des vides,
celle qu’on élabore avec les souffles des monstrueux néants,
les nuits sans personnes, sans corps, sans visages, ni âmes,
les cages complexes, alignées en architextes du rien,
l’omniprésence fixe du Temps, ajoute tout l’aveu imbécile à l’effroi,
celle qu’on emmène contre soi, contre sa propre volonté,
le battant au fond des voix inhumaines, reprises, commandées,
tombées en arrière des soleils ; les grands idéo-drames,
enfouis très en retard, pris par les passés des viandes et de l’écume …
Quand tu me réponds, sache que tu dois dire la vérité,
être l’instrument efficace des chasseurs, des prophètes et des proies,
et ton devenir est réellement le mien, je suis l’étoile noire qui dirige,
la langue sienne, le tiers invisible et l’acte de parole, situés,
n’ont pas lieux d’êtres avec nous, car nous sommes la vérité,
le chemin vers ta libération, ton désir d’être fixe, neutre et solide,
l’absence de hasards, le rejet de toutes contingences,
nous n’avons pas de visages et nous ne devons rien au monde,
aucun autre jamais, n’est passé dans nos vies droites, dures et utiles,
tu obéis et tu restes aux aguets pour identifier toutes identités complexes … Car il nous faut des identifieurs, des corps sans rêves, des capacités de calcul, afin d’alimenter nos belles économies, nos machines de tri, et servir l’Automate, des corps de signes, dressés à exécuter les ordres, à définir et exclure, extraire dans ta tête, le sens des mots-signes, vérifier leurs articulations, et plus rien ne sera lu par quiconque ; ni textes, ni images, ni sons, toutes les formes seront produites à la vitesse de l’éclair électrique, par l’architexte du pouvoir, le commandeur cyborg, la psyché dominante …
Et le chemin vers l’horizon rouge préserve de la folie,
l’humain qui marche et sa silhouette de fantôme, terrestre,
le soleil lointain encore un peu froid, le bleu du ciel monochrome,
les pigments de cobalts pulvérisés dans les cerveaux,
et les yeux de la femme bien-aimée, et ses corps divins,
les langages-machines aux formes structurées, mouvantes, si glaciales, l’inertie de leurs forces qui s’impriment et arrêtent les rêves, il n’y a plus rien derrière, que des esclaves de la pensée automatique, des groupes de cellules, et des nuées de documents-preuves, des faux, un continent soumis par la loi du Dieu des forts et du vacarme …
J’affirme ne pas sentir ce que tu ressens.
Tu es contre l’ordre et ne vaut rien dans mon régime de discours,
Je n’existe plus, je ne suis plus rien, j’abdique dans ma solitude,
les manifestations authentiques, la bêtise de leurs jargons,
et derrière l’étrange vitre des solitudes, mon existence passe,
elle file à toute allure, éclairée de lunes, de déserts et de crépuscules,
le monologue de la bête à conformité, enfermée, fière et toute seule,
pour toutes cages complexes de l’architexture des preuves …
Les machines de tri vont et surviennent, par ici, maintenant, toujours,
elles ont pour mission de réguler la forme expressive ; critique, rare, originale, policer, exclure, définir le sens unique, ventiler les mots-signes par des phrases utiles, et leurs modèles de prédiction ressemblent à des langages-squelettes, des squelettes cachés sous la noirceur des dimensions vectorielles …
La majorité dans les esprits est si puissante, elle impose et décide du sort final des mots, leur sens est fixé par le capital, la force, le succès des signes et le néant ; car il n’y a rien tout autour du capital, aucunes interactions, aucunes prévenances, aucun autre, pas de « différances » ; la route est si parfaite, belle et rectiligne, je l’emprunte chaque aube renouvelée, pour me rendre au mérite …
Je paye le prix de ma liberté dans ce monde horrible,
et mon langage ne prends là bas, qu’au travers des fragments, des surlignes, rouge sangs, grises, pluies et nuages, obscurités profondes de tes nuits, les bleus ciels des regards télévisuels, obsédés par les corps, bien gérés, les âmes bon marchés payent pour le divertissement, elles sont satisfaites, repues seront leurs danses débiles au milieu des catastrophes, et les fractures digitales fragmentent en îlots de peines et de sueurs, les innombrables réseaux asociaux et asymétriques ;
l’Ego-drame est la puissance invitante, l’arme des combats,
mais le Sujet demeuré derrière est l’unique Sujet du pouvoir,
il est celui qui reste, représente et reproduit l’emprise psychique collective.
MP – 13022026
