Symnographie

«  Il y a comme une clarté vacillante de l’aspect. De même que l’on peut jouer un morceau de musique avec plus ou moins d’intensité dans l’expression. En soulignant plus fortement le rythme et la structure, ou au contraire moins fortement. »

Ludwig Wittgenstein, « Remarques sur la Philosophie de la Psychologie I » , &507, p.118, Édité par G.E.M. Anscombe et G.H. von Wright, Traduit de l’allemand par Gérard Granel, Trans-Europ-Repress, 1989.

Canard-Lapin, redessiné par Joseph Jastrow dans « Fact and fable in psychology » [archive], Boston, Houghton, Mifflin and Co, 1900, The mind’s eye, p. 295, fig. 19

D’abord surprise, hésitante, l’impression vague, puis précise,
creusée dans la forme alerte, la silhouette à chaque fois, neuve,
et tout le mur derrière elle qui supporte ta vision,
le tableau qu’envahit le couloir des temps, des lieux,
la vie est là, dehors, à l’extérieur, toujours lointaine,
et son énergie lorsque elle passe en soi-même,
retient la terre dans sa fermeté, son odeur de nuits,
dans le plurivers, s’entrecroisent les morts et les mondes futurs,
aux références multiples, ordonnées selon des contextes,

il faut laisser les lieux se mélanger, devenir cet autre rêvé,
en finir avec le point de vue de nulle part,
et aiguiser les armes de la perception, versus le concept,
pour une synthèse froide, concrète, arrimée aux vivants,
nos idéaux franchissent les murs et leurs projections,
bâtissent des cités endormies au cœur des étoiles …
Et le soleil illumine les versions de toi-même,
dans une mémoire sociale, toujours neuve et fragile
dont les cribles détails laissent filtrer le Temps …

Écouter les aspects d’un visage ; le remue-ménage social et intérieur,
voir la musique défiler en sériels merveilles, dans les corps sien,
désapprendre le fixe et l’inerte, saisir l’énigme sociale, hors du réel absolu, sortir des substrats, des origines, de la fonction conceptuelle et ultime, renouer les liens du sel, immémorial, des corps divins, et la forme sensitive transite d’un lieu à l’autre ; elle change, vague, symétrique, en glissant dans l’aspect de l’image, elle emporte les sens, entraîne la conviction et la situation de jeux, comme le perçu, brut, formel, fruit du contact sensible et du toucher de tes yeux noirs…

Un minuit glacé et brûlant, une opale et une cible qui se détournent,
les sens seconds des choses et des êtres vivants,
le plus visible est cruellement caché aux habitudes,
la forme voyage comme la musique qui inspire et organise,
au delà de l’épaisse couche du silence,
le coton affreux de la chambre vide, la conscience seule, nettoyée,
vidée de toutes insertions aux significations et aux contextes,
l’œil qui ne peut être voyant ; le visible et l’invisible,
et parfois le manque de visions alertes, freine et détruit,

l’habile regard social, complexe, exercé et éduqué ;
la pluralité des formes et des tempéraments,
la profondeur du champ et les portes vers chacun des mondes ..
Merci mon père, mon amour, mon astre mort, pour tout cela qui renaît, au travers des signes symboles, des affections et des sociétés,
je vois venir l’aspect, la profondeur des passages ..
Voir ceci comme cela, transformer les mondes de la vie.
Nous marchons proches des limites ; les ouvertures combattantes à soi, la saisie de l’aspect et la vie plus riche, la vie plurielle et concrète.

MP – 19092025

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