« Dans le jardin du fugitif
Il se mit à genoux et chanta
Je suis avec toiDans sa soutane blanche il cria
je prie pour mon frère
qui m’a tuéUn crucifix noir apparut
comme il expirait
pardonne moiJe suis un
Du crêpe tomba à flots des trois fenêtres
un drapeau de deuil se déroula
ses mots pénétrèrent le cœurTu es venu
la porte est ouverte
tu ne me trouveras pas
tu trouveras mon amour »Patti Smith, « Trois fenêtres » in « Présages d’innocence », p.123, Traduit de l’anglais par Jacques Darras, Christian Bourgois, 2024.
Crédit Photo : Mathieu Pomart
Le souffle du vent a traversé toutes chairs,
le sang qui bouillonne ici est le sang bleu du ciel,
dont les parcours informent des réseaux de veines battantes,
et au bord de cette falaise, se brisent le soleil et l’écume.
Des morceaux de visages qui bruissent dans ta pure vision,
ont noués des liens par delà l’effrayant silence.
Et pour chaque nouvelle vague, tu dresses l’obscurité …
Sur la pierre monolithe plantée là, sans autres raisons,
l’ombre des jours perdus s’est glissée tout autour,
entourant de ses bras de spectre noueux, la pierre grise et verte,
et dans l’œil de la Nature transparaît tout ce jour,
la magnificence des jours aimés, chéris, adorés.
Ah dieu, dresseur de vents, de lumières et d’orages,
avec tes éléments filles jetés bien au-delà,
la terre, l’eau, l’air et le feu ; le foyer de tous les mouvements,
tu attrapes les rêves vivants de celles et ceux d’en bas,
leurs regards figés par le vent froid et le vacarme.
Et tes créatures chutent dans des pluies sans traces ni mémoires,
en poussant un seul long cri, par l’écoulement du Temps.
Leurs barreaux liquides ont fait saigner les vitres,
en bâtissant de précieux trésors, cachés dans l’azur.
Revenu d’entre les bruits de la ville, les milles rumeurs,
l’exilé de toutes forces marche en rêve au bord de ce monde,
avec des pieds sales, un cœur asséché, une voix rendue muette,
des gestes infiniment doux et fragiles,
et son âme est recluse dans une fausse prison.
MP – 14022025
