« Une des fonctions du corps humain consiste à localiser précisément chaque individu, à lui assigner une place et une seule dans l’étendue. Le corps des dieux n’échappe pas moins à cette limitation qu’a celle des formes. Les dieux sont en même temps ici et ailleurs, sur la terre où ils se manifestent en y exerçant leur action et dans le ciel où ils résident. »
Jean-Pierre Vernant, « Le corps divin » in « L’individu, la mort, l’amour » , p.34, Gallimard, 1989.
Au lit: le baiser (In Bed: The Kiss), by Henri de Toulouse-Lautrec, 1892.
Attendre lentement que le jour finisse, que le soleil noir disparaisse …
Derrière les murs de la cité immobile, dans les bétons inertes,
par delà le son des vacarmes, fuyant, des jours chronométrés,
j’attends la nuit profonde pour enfin te serrer dans mes bras …
Franchir les lignes de fuite avec l’arme du signe et le réconfort …
La nuit de l’Esprit, hantée par tout les songes de ce Temps …
Et toucher ta peau nue encore vivante, l’odeur acide et le contact,
au fil des parcours des futurs, voir et saisir la fermeté de ton corps,
qui tranche avec l’absence de tout lieux, de toutes formes ..
Je pense à toi seule sans rien autour, sans pensées d’ailleurs,
deux matières brutales ; une sensibilité précise, rouge et bleue,
et tes cheveux noirs et or, que le vent divin traverse …
Les corps attirés dans le champ des attractions, des différences,
s’habillent de vêtements fragiles, de tissus blancs, de cotons nuages,
Il ne reste rien quand je te vois et anticipe notre nuit ..
Il y a le seul désir puissant, les sang-mêlé toujours,
nos deux corps-fusions, les figures à minuit, nos deux passions extrêmes. Et la fin recherché, les sensations brutes, finales, sans aucun retour …
Tu cherches toujours à aimer l’autre figure absente dans sa parfaite nuit, à voir, entendre et sentir les corps mouvants des différences,
et je ne peux vivre que dans la demeure étrange …
La maison faite de milliers de signes, d’étranges interfaces ;
la séparation des corps formes et des milles signaux,
la frontière large et sensible qui pénètre toutes les choses adorées …
Les coupures dans le tissu des rencontres, des corps à corps,
et les mots exergues, les pointes aigües de nos vies,
qui emmènent l’intention plus loin que le sang et les regrets …
Ah imaginer nos futurs dans les folles espérances, les vies maximales,
les décisions froides, raisonnées ; appliquées et sans restes,
les nouvelles croyances habitudes créés dans l’Art et la Nature,
qui construisent une « Polis » ; un état d’âmes commun et désirable pour la politique de notre monde ….
MP – 31012025
