« Vie tranquille des bêtes dans les forêts, pays déserts et inconnus, etc., où le cours de leur vie ne s’en écoule pas moins avec ses vicissitudes, ses actions, ses décès, ses successions de générations, etc., même si aucun homme n’en est le spectateur ou le perturbateur et même si elles ignorent tout des événements du monde – car ce que nous croyons connaître du monde ne vaut que pour les hommes. »
Giacomo Leopardi, Zibaldone, p.66, Allia, Paris 2019.
Les hêtres aux racines brunes et lentes,
avalent la poussière et les cendres à la tombée du soir,
leurs bras durs, noués et tendus vers le ciel,
fixent le crépuscule d’or, de feu et de miel,
Animaux aux vieil âges se glissent,
Parmi la mousse verte, les racines et les feuilles jaunies,
Par une lune froide gisante, où tremblent les nuages,
Amas de terre humide collé aux visages,
La forêt avance, seule, à pas comptés,
sur le tapis criblé d’étoiles argentées.
Sidération du verbe de sang mêlés,
au calcul froid des eaux grises et mortes,
Créatures à la pénombre regagnent les porches,
ouvertes et crissantes près du ruisseau,
qu’ont formées les larmes en cohortes,
tombées depuis les squelettiques vaisseaux.
Le grain humide du vêtement de peau,
habille la forêt d’une blanche veilleuse.
Viens sur la terre chanter le chant des bêtes,
ô monticule noir et rouge, à l’orbite nombreuse,
viens au feuillage, boire le sang liquide,
l’alcool qui pénètre l’œil grave, livide.
Bois la suave liqueur avant que ne grondent les pierres,
dans la chimère noire de l’ancêtre.
MP – 23/05/2019

J’ai eu l’impression d’entrer à nouveau dans Mirkwood, Fangorn ou Verzy. Brocéliande? Non, en fait la Vieille Forêt à l’Est du Pays de Bouc.
A écouter le grincement des ramilles et racines du Vieil Homme-Saule mais en espérant Bombadil et Baie d’Or 😉
Merci pour ces mots et bravo.
event HORIZON