La Terre des réseaux

Un hors-lieu sans villes, ni couleurs, membres ou visages,
Un sombre pressentiment naissant, devenu complexe et si froid,
Vers lequel les terres blanches, paraissent neuves et puissantes,
Des traits invisibles sur cette blancheur sépulcrale des tableaux,
Une portée de lignes claires, tracées droites et sans failles,

Allant faire surgir, espérant la même nuée d’avenirs ouverts,
Des nombreuses respirations vivantes, battantes, apaisées,
Évitant les violentes figures, et la transparence des astres,
Qui palpitent au creux des vitres, scènes, corps et jetés simulacres,
L’arbre-prisme et les organes multiples ; leurs terreuses destinations,

Une voie médiane, lente et profonde que la guerre naissante,
Par où s’ajoutent ensembles les nouveaux langages, nus et fiers,
Une destitution de monde, fiable, et les cages aux fous retirés,
Où seront enfermés tous les fantômes, les filets noirs et les mimes,
Hurlant par les mêmes bouches-fermetures, l’absolu néant,

De l’ensauvagement par le signe-symbole, l’encre et le sang,
Des yeux battent des clôtures froides, et des armes tristes,
Des livres ouverts, muets, qui ne disent plus rien, nulle part, à personne,
Une passion du reste, du revivre, de l’espérance à côté du souffrir,
Le pli et la branche devenus fonctions ; nul, étrange et inutilisable,
Jeté par devers soi hors du monde seul, battant ; « je » peux revivre enfin.

MP – 07012020

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