Soleil noir

Les rats gris remontent le long des fosses,
En amas de poussières noires et bleues,
Un tunnel d’obscurité creusé dans les cadavres,
Charrie les cendres d’argent vers le ciel.
Ici s’arrête le pouls des lèvres roses et scellées.

Le créateur famélique meurt devant l’Église,
Dont les cloches jouent une musique funèbre,
Ici vient crever le voyageur aux cheveux d’ange,
Le vagabond aux petites ailes frémissantes,
Porte les lunes noires, nouées sur l’orbite.

La poutre dans l’œil pénètre en glissant
Jusqu’aux forêts d’âmes mortes, gisantes.
Et le créateur soulève les thorax lumineux
Pour recevoir la coiffe, faite de diamants et de stuc.
Sous le portail monte le cri sans nom des astres.

Muette est la tombe près de l’orme immense
Où repose le corps du visiteur de minuit,
Et le chant des cigales s’est tu dans les champs,
Pour laisser venir le gisant dans la pénombre
Chanter le supplice du chant des infinis.

MP – 10/03/2014

Publié une première fois dans le numéro 63 de « Poésie/première », décembre 2015.

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