L’œil des machines

« Que nous confiions nos décisions à des machines métalliques ou bien à ces immenses machines vivantes que sont les bureaux, les vastes laboratoires, les armées et les corporations, nous ne recevrons jamais de réponses justes à moins de poser des questions justes. La Main de Singe en chair et en os est aussi fatale que toute pièce de fonte ou d’acier.»
Norbert Wiener, «Cybernétique et société : l’usage humain des êtres humains», Seuil, 2014.

Les flammes lèchent et s’agrippent
aux mêmes poitrails de verre,
Et consument les flèches des monstres
et l’envie rabâchée longtemps, si détruite,
Les prétendues violences hurlant
dans cette grande Nature terreuse et fixe,

Le suivi des montres abjects, les terreurs des digits,
et leurs recommandations noires qui font mal,
Les fixations des aiguilles rigides, coupantes,
à l’horloge digitale, prégnante et au cadran inerte,
Parmi les aiguilles seules qui tournent sans fin,
sans but, ni sens, sans chairs,

S’est montré le visage du grand Dieu Pan,
parfaitement lisse, droit et transparent,
La permutation du sauvage et du sans lieu,
dans ce visage blanc devenu spectre et forme,

Dans la dissection large, continue,
par la chirurgie divine des mondes anciens,
Aux symboles rêvés et imprégnés
de la terre fraîche et meuble,
Au delà du seuil et des portes immenses,

Quelle énergie absurde dirige ici
les innombrables pitres en costume ?
Habillés du vêtement du soleil noirci,
de la pierre lente, des machines et de la pluie ravalée,
Par les dalles opaques, les écrans sombres des égouts,
dans les ruelles larges, silences,

Ces plaques noircies à leurs pieds
devenus les réceptacles, les vitres et l’ombre du grand figé,
Le même son-image terrible happe
et entrechoque leurs quatre dimensions,
Aux points de contact et limite
vers la nécessité dure et affreuse,

Toi qui fera sienne muette, douceur et lente
dans ta fragile enveloppe de chair,
Les entrailles divines remplies de liquides blancs,
d’or, de feux et de sang,
De l’enfant des étoiles, grandi dans l’obscurité
et du foncteur « x » noir, multiple,

Lancée vers l’absence de destination,
la lumière de l’or et la liberté du sens,
Pour supprimer le sang de l’Ego ;
le sang de la bête noire, fixe et sans vie,
Souviens toi seulement du chemin parcouru toute seule,
mon amour, toi, liberté,
dans la même enveloppe de nuit,
transpercée d’étoiles.

Il est plus d’un seuil de suffisance aimé
pour supporter la brûlure du grand soleil, et la faim,
Cette faim totale ; une douleur qui saisit tous les membres,
et creuse les ventres des enfants,
aux extensions brutales, non valides.

A peine supportée par les foules, les écrans, et les gestes,
Depuis la création aimée dans l’intérieur « Psyché »
de l’immensité des grands objets, et des habits de mer,
Est sortie cette terre nouvelle, où respire lente, ta lumière.

M.P. – 22032020

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