Modus Momentum

A quels moments du Temps comme présent ou locus de contrôle de dimensionnement de l’action collective et du récit que fabriquent les sociétés de vivants – ce récit qu’elles se proposent d’elles-mêmes, à elles-mêmes et à l’intérieur d’elles-mêmes est rendu possible le changement social de masse ? A quelles occasions de changement et de trans-formation intervient, arrive, surgit, est comprise ou liée une possibilité de trans-formation future – à quel moment du temps, se saisir d’un « KAIROS » comme occasions d’agir centrales et multiples à la fois ? Comment se saisir de ce KAIROS devient un geste politique fort, décisif d’une possible capacité de transformation critique des formes sociales-communicantes installées dans une histoire et un espace-temps relativement déterminés ? Ici la notion de « Modus » appliquée au moment de l’intervention philosophique critique est importante comme « Modus Momentum » ou détermination d’une possibilité critique spatio-temporelle émergente à l’intérieur de la transformation des sociétés de vivants et ce « modus » comme modalités de l’action collective construites autour de l’inter-acte comme unité opérative de changement est important à un moment donné ou hérité de l’histoire ou bien à un moment dont la criticité est telle pour la survie de sociétés vivantes qu’elle frappe par ses nombreuses évidences terminales (Vie, Mort, Amour, Haine, Destruction, Habitabilité ou Soin) qui vont orienter naturellement ou socialement les réponses organisées des vivant.es et des humain.es.

30/05/2026 ; le moment critique qui redonne au présent, un contrôle philosophique complexe, important, sur le passage du Temps dans sa triple lecture traditionnellement et faussement linéaire ; passé, présent et futur est ce moment de la potentielle destruction des habitats des êtres vivants sur la Terre ; ce moment là fraye – ou bien a à voir – avec les évidences terminales des vivant.es ; en ce sens là de la capacité critique de transformation des sociétés humaines (parce que dans l’anthropocène, les activités humaines ont des impacts écologiques massifs et destructeurs des écosystèmes des vivants et de leurs propres possibilités de survies en tant qu’humanité et animalité) ; le moment « KAIROS » est parfaitement là, historiquement ajusté à l’incroyable nécessité politique de basculer d’un monde à l’autre, de l’hyper-capitalisme de prédation et de la guerre des ressources [dans un capitalisme de l’infinitude – IAG – et de la catastrophe organisée] vers les biosphères coopératives et le mouvement de transformations sociales symboliques des mondes de la vie. En faisant du déni climatique un acte criminel et écocidaire bientôt sanctionné par un régime de protection des droits et des expressions naturelles des vivant.es, nous organisons des directions d’interactions collectives, juridiques et médiatiques, recentrées sur la seule problématique de l’humanité en 2026 – la seule qui vaille la peine de se dire encore « Nous Humanité » à l’intérieur des mondes vivants et des calculs des machines-outils de type IAG ou autres – . la problématique de la survie de l’espèce et des désastres anthropologiques et écologiques.

Non pas l’adaptation quasi symétrique ou l’ajustement des organismes à leurs milieux vivants étant donné que le milieu vivant se dégrade, perd en capacité de régénération et que par une interaction adaptative ou évolutive les organismes perdent eux -aussi en réponses, leurs capacité de survie, de réflexivité et de régénération, mais l’atténuation globale, complexe, multi-scalaire, multifonctionnelle de la dégradation des environnements [températures, sols, eaux, énergies, biodiversités], à l’intérieur d’une géo philosophie, d’une anthropologie sociale de la communication et d’une philosophie pragmatiste de l’action, de l’esprit humain et de la société. Si les activités humaines sont principalement responsables de la dégradation des qualités de vie des biosphères, l’irresponsabilité éthique majeure des humain.es en 2026 se situe clairement du côté des systèmes capitalistes de prédation qui sont construits de manière interne et malheureusement très solide, sur l’extraction de ressources – leurs capitalisations et leurs accumulations et marchandisations complexes – et les compétitions internationales d’entreprises multinationales, à monopoles de circuits sociaux symboliques d’interventions, qui collectent des biens/marchandises, fabriquent des contres récits, pillent et détruisent les ressources de territoires entiers de la la planète Terre en toute impunité et avec l’encouragement des actionnaires ravis de dividendes assurés et versés très régulièrement (capacités individuelles et collectives de survie d’un lieu (x,y), habitabilité possible d’un lieu et d’un temps pour des êtres vivants).

Le moment critique est le « Modus Momentum », il est le moment d’une culture de masse écologique – naturaliste et sociale – et fonctionnellement orienté vers l’angoisse de l’évidence terminale des êtres vivants (Naissance, Vie, Amour et Mort) ; il s’agit d’une capacité à survivre dans un milieu naturel et social simultanément, un milieu bouleversé dans ses intérieurs sociaux vivants par le capitalisme extractiviste et fossile. L’apport de la philosophie sociale pragmatiste d’un grand nom de la Philosophie américaine et de l’école de Chicago – George Herbert Mead (1863-1931) – est de nous enseigner en éthique sociale et environnementale, la notion de « socialité de base », c’est à dire dans ses conférences CARUS sur le temps (1932), de rappeler la profonde pertinence de la relativité d’une certaine conception évolutionniste – un naturalisme social et une objectivité des perspectives relatives à une situation donnée ; cette relativité ou cette capacité très ubique d’être l’autre en même temps que soi même, d’être l’animal (cochon, bœuf ou poulet) qui souffre exécuté par milliards de pièces transformées, chaque année et en masse par les abattoirs industriels, en même temps que l’individu qui se nourrit de sa chair, d’être un citoyen européen vivant dans une démocratie libérale encore en état fonctionnel (administratif, économique, culturel ou social) d’assurer une certaine liberté et une sécurité à ses citoyens, ou bien de vivre dans un régime totalitaire ou en voie d’autoritarisme (Chine, Russie, ou l’Amérique MAGA et Trumpiste …) qui nie le sens des mots-signes et organise la réécriture permanentes des faits qui arrivent, se construisent par l’Histoire, comme un monde déjà là refusé, nié en bloc par le négationnisme climatique par exemple, la répression des dissidences intérieures ou bien la xénophobie d’État.

Choisir le moment critique ou parier sur les actions de transformations massives résultantes de la nécessité de sortir une bonne fois pour toutes de l’hyper-capitalisme de prédation, revient à vivre le combat pour le futur du XXI siècle , i.e. permettre de faire advenir les logiques psychologiques et politiques de l’espérance, les organisations humaines et les biotechniques complexes – toutes pragmatistes, délibératives et expérimentales, – de transformation de soi même dans des autres qui souffrent ou aiment ou bâtissent ou survivent ailleurs mais toujours dans/sur une même planète Terre ; cette capacité de transformation dans une solidarité de destins, est une capacité de transformation de l’esprit économique capitaliste traditionnel en des organisations humaines diverses qui vont enfin prendre la mesure des défis environnementaux, c’est dire mobiliser en masse en rémunérant les actions justes et bonnes (en dehors de la valeur du salaire ou du prix de la force de travail achetée par le capital). Pensons ici au revenu universel d’existence qui sera le seul moyen de mobilisation de masse pour engager les travailleurs et travailleuses dans un travail manuel, cognitif et affectif complexe – qui aura enfin du sens – d’atténuation des effets du changement climatique (construction d’habitats adaptés, ingénierie bio-climatique, dépollution de milieux industriels, fermetures de sites d’extraction et réhabilitation de zones sauvages naturelles, soins aux plus vulnérables, créations d’expressions libres …)

Ici la capacité de mobilisation de masse face aux désastres et aux catastrophes engendrés par le changement climatique est une question véritablement centrale qui appelle la responsabilité éthique des leaders de mouvements politiques, médiatiques, sociaux, culturels et économiques ; nous sommes appelés à survivre ensemble ou à disparaître lentement – seul(s) à seul(s) – dans des souffrances et des isolements terribles et l’extrême droite globale et l’hyper-capitalisme de prédation porteront – sans nulle doute – la charge de la responsabilité éthique de cette destruction. Il est ainsi sidérant d’assister à ces cirques médiatiques et numériques ; réseaux asociaux traditionalistes et TV médias Bolloré ou Stérin en France … – organisés par le système économique capitaliste dominant pour promouvoir des agendas politiques verrouillés complètement par des sujets de pseudo-controverses faciles, payants en terme de votes et de pratiques d’entre soi ; l’immigré potentiellement dangereux, musulman ou juif de préférence, la protection du pouvoir d’achat des français qui travaillent, la sécurité des biens et des personnes, l’identité nationale et la culture homogène du groupe social-symbolique, la défense de la propriété, …

Le déni et la violence contre les militant.es écologiques et socialistes – qui se placent dans le tourbillon politique du « Modus Momentum » sont l’indice d’une même fabrication de l’importance de paniques morales et de propagandes toute orwellienne ; on en vient à nier des faits scientifiques, non l’homme n’a rien avoir avec le changement climatique, celui ci est une invention des gauchistes et des wokistes pour mettre à mal l’homme blanc et attaquer l’emploi industriel, le mode de vie chrétien ou musulman et critiquer un ordre naturel des fonctions humaines (biologiques, sociales et symboliques) la « Tradwife », l’homosexuel inverti et malade, l’arabe incapable de survivre hors des colonies, le noir ou le racisé inférieur politiquement. Choisir le moment critique contre les formes sociales capitalistes de la nécrose (facho-sphères, masculinisisme, virilisme imbécile, catholiques traditionalistes, islamisme conservateur anti-femmes, anti-gays, juifs colons d’extrême droites …), par dégradation irréversible des milieux sociaux-vivants ; c’est là le « KAIROS », le moment opportun ou l’occasion d’agir complexe par l’organisation enfin éthique des interactions collectives de réponses organisées dans les Institutions ou hors des Institutions dans et hors les espaces publics médiatiques, c’est à dire au final toujours promouvoir l’orientation politique humaine par des forces de vies qui luttent et trans-forment par des façons complexes et difficiles les sociétés, contre des forces de mort, d’origines mythiques et enfermées par une terrifiante fixité (E. Morin).

Fragments d’un monde détruit – 208

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