Techniques et formes de la répression

Le mécanisme psycho-politique d’un régime de discours autoritaire consiste à casser les relations de sujet à sujet, instrumenter la conscience de soi en l’isolant et la réifiant, par sa réduction à des complexes d’actes et d’objets finis, isolés, périssables, et consommables. La répression exercée par la société autoritaire provient ainsi d’une même réduction de nos vies à une dimension mentale privée et inexprimable ; une réduction à une sphère occulte, ultime, uniforme, et muette qui empêche l’immense variabilité de l’expression de soi.

En contrôlant cette dimension psychologique du « privé », la société répressive contrôle simultanément toutes les expressions et les convictions de soi [croyances, attitudes, désirs, sentiments et inclinations]. Ainsi, au travers de la connexion entre le coût social d’un système de communications « conformes » et son exploitation économique par le système psycho-répressif, l’expression de soi libre, s’atrophie, disparaît et meurt.

Parce que la société répressive présuppose pour exister cette dimension magique, fétiche et « privée » qui occulte les forces politiques en présence, la transformer demande une autre manière d’agir, de créer, de sensibiliser, de s’exprimer, et de prendre soin des autres et de soi.

L’échange de gestes, d’actes sociaux, de discours, de situations ; l’interaction sociale et symbolique et l’expérience de la compréhension de l’autre dans le pragmatisme et la coopération « libre » rendent possible la construction de soi et la libération de l’expérience commune dans cet espace-temps de l’expressivité naturelle et humaine ; l’Esprit.

Fragments d’un monde détruit – 7

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