Les grillages de chair enferment la voix muette,
Nombreux et fins à la façon des lentes robes noires,
Enveloppés dans les ombres laiteuses du soir,
Avec des barreaux faits de cheveux gris,
Et des bouches closes comme des portes,
Le sourire de la lune zèbre le ciel,
Ne descend qu’à demi pas sur la terre,
Et s’écrase en silence, près des arbres,
Tenir les jambes rigides des cadavres,
Ne rien dire sinon le souffle du temps.
Le souffle murmure dans l’azur bleu
Des chuchotis liquides caressant la voûte,
Piquetés de tâches brunes et de langues inertes,
Aspirant les costumes de chairs et de sang,
Qui s’évaporent dans l’interstice des blancs nuages.
Devenir poussières et cendres après les flammes,
Libres et sans fin coulent les rivières de granit
En ciment chaud près des cloaques pestilentiels,
Les marques du temps à la faveur des innombrables hier,
Ont creusées la griffe sur le front brûlant.
MP – 21/07/2019
