Capitalisme et enfermement

Le capitalisme « ego-cognitif » accentue la séparation des individus entre eux et entre eux et la réalité sociale. Par ce verrou qu’il place sur la conscience individuelle, ce système capitaliste fait que le soi est privé de ses capacités à se mettre à la place des autres.

Dans cette forteresse imprenable de l’Ego, il est difficile d’atteindre et de comprendre un autre que soi. Ainsi tant par l’isolement des individus dans leurs fameuses responsabilités que par le diktat de l’incommunicabilité de leurs expériences vécues, le capitalisme « ego-cognitif » poursuit la destruction de nos liens directs à la réalité sociale et au monde naturel.

Dans ce monde d’accumulation de forces cognitives et productives « fétichisées » et de séparation des groupes en unité « x » isolables et performantes, l’individu cannibalisé n’est jamais que le dépositaire d’une causalité aberrante et fictive. Faire sauter ce verrou d’une conscience de soi claquemurée dans sa forteresse, c’est faire œuvre de libération, de sagesse et de changement.


Fragments d’un monde détruit – 2

Transition des formes

L’organisation actuelle des groupes humains demande des formes de communication qui mêlent le proche et le distant, le matériel et le virtuel, le physique et le symbolique. L’inter-communication des formes sociales organisées accroît en effet le principe d’une coexistence du matériel et du virtuel.

Ainsi, il ne suffit pas de toucher l’autre avec sa main, de le voir avec ses yeux, mais il faut aussi l’inclure dans une relation à distance ; relation complexe qui comprend les affects, l’Esprit humain, le symbole universel et la puissance d’organiser collectivement la vie.

Cette nouveauté d’une forme mixte d’utilisation de nos liens allant du lointain au proche, touche à toutes les crises du lien social, à toutes les formes de communication futures.

La pandémie mondiale et la disparition de nos emplois passés sont donc des accélérateurs de changement. Ils provoquent la nécessité d’une réinvention de tout nos liens.

Fragments d’un monde détruit – 1