Guerre mentale

Acquérir une liberté de sujet politique revient à comprendre ses relations à des lieux et des temps à soi et ressentir ses propres capacités réflexives et expressives. Cette autodétermination du soi nécessite une réelle disponibilité expressive dans l’espace-temps du discours et de la communication.

Des formes d’ancrage de l’interaction soi-monde dans un système social et par des dispositifs socio-techniques peuvent être construites à l’intérieur d’une relation d’assujettissement des agents humains et non-humains à des formes de communication tyrannique.

Une fétichisation des produits de l’Esprit i.e. des relations magiques aux objets de la pensée éthérée, flottante, désincarnée entraîne une possible absence de corporéité, une instrumentation du corps au sein d’un vieux dualisme esprit/corps. L’âme comme prison douloureuse du corps est ainsi caractéristique des politiques de domination symbolique.

Ces technologies psycho-politiques de l’assujettissement aboutissent à nier, instrumenter et aliéner les corps des individus hors de leurs propres raisons d’agir, hors d’une expérience démocratique et réelle du commun.

Fragments d’un monde détruit – 4

Le nouveau Monde


L’inter-communication distante entre plusieurs « bio-sphères » ou sphères du vivant permet de consolider la coopération trans-frontières et trans-nations. Dans cette forme d’auto-constitution immanente du contrôle social et humain sur les ressources, une norme de communication universelle rend possible l’action collective et le vivre ensemble.

En ce sens, plusieurs « bio-sphères » coopératives aux interactions mutualisées ouvrent l’échange de capacités de travail et de création à des perspectives de vie commune. C’est parce que je reconnais en moi, une certaine configuration de réponses et de besoins que l’autre reconnait également en lui-même, que nous réglons ensemble nos accords et différents dans un même fond d’humanité.

Ainsi, vivre aujourd’hui et demain ne peut exclure, ni les ressources anthropologiques d’un sujet humain – ces capacités de coopération communes prises dans un arrière-plan d’interactions – ni les ressources d’un monde naturel et unique qui coexiste avec l’Humanité.

Fragments d’un monde détruit – 3

Capitalisme et enfermement

Le capitalisme « ego-cognitif » accentue la séparation des individus entre eux et entre eux et la réalité sociale. Par ce verrou qu’il place sur la conscience individuelle, ce système capitaliste fait que le soi est privé de ses capacités à se mettre à la place des autres.

Dans cette forteresse imprenable de l’Ego, il est difficile d’atteindre et de comprendre un autre que soi. Ainsi tant par l’isolement des individus dans leurs fameuses responsabilités que par le diktat de l’incommunicabilité de leurs expériences vécues, le capitalisme « ego-cognitif » poursuit la destruction de nos liens directs à la réalité sociale et au monde naturel.

Dans ce monde d’accumulation de forces cognitives et productives « fétichisées » et de séparation des groupes en unité « x » isolables et performantes, l’individu cannibalisé n’est jamais que le dépositaire d’une causalité aberrante et fictive. Faire sauter ce verrou d’une conscience de soi claquemurée dans sa forteresse, c’est faire œuvre de libération, de sagesse et de changement.


Fragments d’un monde détruit – 2

Transition des formes

L’organisation actuelle des groupes humains demande des formes de communication qui mêlent le proche et le distant, le matériel et le virtuel, le physique et le symbolique. L’inter-communication des formes sociales organisées accroît en effet le principe d’une coexistence du matériel et du virtuel.

Ainsi, il ne suffit pas de toucher l’autre avec sa main, de le voir avec ses yeux, mais il faut aussi l’inclure dans une relation à distance ; relation complexe qui comprend les affects, l’Esprit humain, le symbole universel et la puissance d’organiser collectivement la vie.

Cette nouveauté d’une forme mixte d’utilisation de nos liens allant du lointain au proche, touche à toutes les crises du lien social, à toutes les formes de communication futures.

La pandémie mondiale et la disparition de nos emplois passés sont donc des accélérateurs de changement. Ils provoquent la nécessité d’une réinvention de tout nos liens.

Fragments d’un monde détruit – 1