[…] la sensation voit dans les corps la forme qui assure une liaison et qui domine la nature contraire, qui est sans figure, et quand elle voit une figure qui prend le pas souverainement sur d’autres figures, alors rassemblant cette multiplicité dispersée, elle l’élève et la rapporte à l’intérieur de notre âme qui est toujours sans partie, et elle lui offre cette intériorité concordante et harmonisée qui lui est chère.
Plotin, « Sur le Beau », Traité 1, GF, Flammarion, Paris, 2002.
Des sons de cloches marines, au bruit fondu de pierres,
Tombent à travers le vent froid ; vitesse de la nuit,
Et le corps angulaire allume le seul rayon optique.
La chaleur brûle en certain endroit du spectre,
Des traces invisibles y déposent de la poussière fébrile,
Encore dans le jardin, vivent des occupations lisses.
Les spectres noirs, flottent, dans les nuages,
Et le cuir d’eau salé luit des reflets gris, fondants,
La femme divine à la tête de pierre blanche,
Recouvert d’algues brunes, et de lumières,
Sent vibrer le souffle long des stèles ;
L’ancre au thorax brûlé, inspire le flot de signes noir,
Là, dessous, le froid du crépuscule prend des quartiers sans fin,
Des éclats rompus au soleil mûrissent des bosquets en feu.
Sous le rocher d’herbe douce, que l’encre a pris en défaut,
Vivent des bêtes de cendre, muettes et sans vies,
Des murs d’écoutilles vides où fleurissent les verres opaques.
Le lent cyclone mu au dessus des forêts de lierres tendres,
Brûle des rivages engloutis jusqu’aux cendres.
Dans le carré de pierres grises, reliées par des veines hermétiques,
Se déplace le poisson-statue lisse, beau et froid.
Les nageoires pliées dans une danse forte, mécanique,
Effectuent des longues traversées au fil de l’année.
Il est une feuille d’huile douce-amère, un visage si ferme,
Trempé dans un fiel liquide sans retour
D’où s’élancent les femmes et les hommes, l’œil écarquillé,
Troublé d’aiguilles blanches et pendu à la barre d’écume,
Le nageur fend les eaux à la pointe dorsale,
Dans sa ravine mutique hurlent des tourbillons bleus,
Au désert des voyageurs, se remplit l’étroit conduit,
Où gravitent des paroles douces et brûlantes.
Un sable léger, fuyant des perles de beautés,
Remis derrière le corps penché en l’air,
Jeté par dessus l’épaule ouverte, la vision,
Regarde, l’œil inquisiteur,
Toute l’étendue de la couronne d’or, humide.
Gonflée de musiques folles et de soleil,
Lui, voyait des astres sans nuit, luire longtemps dans chaque larme de pluie,
Attendu que la messe fut dite tant de fois sans raison,
Il portait le tissu râpeux du vêtement contre la roche,
L’attente douce apportait des soupirs qui devenaient légers ;
Elle est gonflée de vase grise, la pierre à tête humaine,
Couchée sur le costume rectangulaire, d’où sort la forme froide,
Le spectre adjacent court des distances sans durée,
Au flanc de mer écartelé, les cheveux d’écume blanche,
Franchissent la barre d’eau rigide.
De la liqueur a surgi au centre des lèvres posées,
Ses yeux s’enfoncent dans le bois de hêtres lourds,
Et regardent à l’envers par le trou de minuit.
Il est un crépuscule au chant inerte,
Fixé au creux d’une gorge en cristal,
Par lequel des sons vibrent et se brisent,
Des champs de soifs éteintes où murmurent de brûlants visages.
Il est une sirène de mer à l’épaule divine,
Avançant sur les vagues, tournant le dos, fière et sans âges ;
et rompant le bleu liquide d’une belle silhouette.
MP 15052020
