« quand s’ouvrira la bouche de la terre
les ombres crieront pour leurs mères
les mères crieront
pour leurs fils
quand s’ouvrira la bouche de la terre
entendrons un mot de feu seul
la soif
nous portera le souvenir de l’eau
quand s’ouvrira
et le silence seul qui donne l’épouvante
jettera à notre visage
de là revenant
la réponse »Clarisse Nicoïdski, « La bouche / La boca », in « La couleur du temps » p.69, Préface de Marcel Cohen, Traduit du judéo-espagnol par Florence Malfatto, Gallimard, 2023.
« Morning. After rain, the park glows green beneath a dark sky ».
The Encyclopedia of Light. By Peter Schmidt, April, 2022.
Le soleil fixe, unique et brûlant irradie tout l’horizon et le cri,
il y a encore des égaré.es qui font la guerre entre eux sur la Terre,
ils réagissent pour aller plus loin et détruire le vivant encore plus …
Car leur monde est un ancien monde, devenu la pire chose qui advienne .. L’extraction fossile, la fermeture des frontières, le mâle puissant et immonde, leurs autorités sont programmées pour l’autodestruction et leurs rêves « tautistes » se glissent à minuit, dans les cauchemars des enfants, leurs langages morts, alignent des suites de phrases probables, dans des systèmes de communications fermés de l’intérieur,
et la référence au seul monde ordinaire et à la vie a été perdue,
ce contrôle qui vise l’atténuation des effets de ce Temps est fragile,
et leurs habitudes s’ancrent dans des voies sans issues,
il faut rappeler la puissance négative de la réaction ; les passions tristes, [haine, jalousie, crainte, envie] – on aime bien ce qui conserve tout l’ordre intime des psychologies du pouvoir, et travailler pour le pouvoir est gratifiant, on y gagne bien sa survie, on aime la main qui nourrit bien et protège, les paroles qui complimentent, rechercher la liberté de vivre en dehors de l’impasse,
l’impasse du capital stupide qui exploite, sérialise et tue,
l’impasse des énergies fossiles, la dopamine et les bien trop nombreux …
Regarde le soleil bien en face, ennemi.es, il luit dans ton cerveau,
sa lumière sombre dévore tes idées de carbo-producteurs, le désert,
et la technique extractive dont tu prétends posséder la pleine réalisation, bute contre les milieux vivants dévastés et la déréalisation complexe de la vie … Toutes et tous branché.es en continu sur et par des réseaux informatiques, câblés sur l’horreur primitive de la jouissance de soi et pour soi,
nous sommes les créateurs vils, égoïstes de la puissance d’extinction,
des sociétés, des coopérations sociales, des entraides mutuelles,
et le masque numérique – objet vide et néant – est parfaitement ajusté ; on le porte en se connectant aux écosystèmes de preuves, de replis sur soi et de traces,
la voix de son maître Ego vrille à l’intérieur des esprits interconnectés, on n’y sent plus la chaleur insupportable et cette fatigue démentielle,
nos bâtiments dernier cri sont climatisés du sous-sol au sommet,
le soleil apparaît au loin comme une menace diffuse et contenue
et les signes-symboles de notre langage, sont des instruments de conformation, grâce aux intelligences régulatrices, nous fabriquons le seul monde rassurant, stable et futur, tout est virtuel et puissance, tout est démesure, prévisions et idiotie,
et la terre brûlée chemine dans les esprits, les gestes ou les désirs …
A quels moments, vous sortirez vaincu, de ce monde de machines programmées ; rompre avec la dynamique d’accumulation des forces réactives …
Qui à la puissance de se dire « non », « non, je ne veux pas de ce monde ! », un ordre capital, industriel et total qui colle à la peau, efface les visages, pénètre chaque situation de jeux sociale et remplit la vue, en aveuglant les yeux, d’un manteau lourd d’illusions puissantes et de commandements, conduire l’humain et les vivants à leurs propres pertes, les « Warm-Technologies » qui détruisent la planète Terre, le ciel, la mer et les océans et le soleil fixe – indépassable – regarde à l’intérieur de l’abîme, les dirigeants néfastes fabriquent en série des mauvais gouvernements et le seul enjeu crucial des futurs est mis à la trappe, aux oubliettes ..
Ils veulent l’obéissance aux programmes de déréalisation,
la négation des changements climatiques, de la transformation,
l’exploitation pour l’écocide et les traces fermées de l’industrie, du plastique et du feu, mais leurs programmes finalement sont dangereux et ne sont pas réalistes, le mur du soleil et des sécheresses, l’eau polluée, l’air vicié, le vent brûlant sur un vieux visage parcheminé, la faiblesse organique, l’enfant perdu et la voix qui s’affaiblit avant de disparaître, toute la puissance du réel et de la vie, va emporter leurs terribles et sinistres croyances, les faire basculer ensemble, au delà d’eux-mêmes, cette sagesse venue d’autrui dans la nuit du monde pour dompter l’angoisse des changements.
MP – 19062026
